Fêtes de Bayonne : un espace de fête et de revendications

Alors que les fêtes battent leur plein dans la plupart des communes du Pays Basque Nord, nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte dans lequel elles se déroulent. Face à la progression de l’extrême droite et des idées réactionnaires, nous rappelons que ces dernières n’ont pas leur place dans notre société, et encore moins dans l’espace public et les fêtes de nos communes. Toutefois, malgré les agressions inacceptables qui ont été recensées, plusieurs acteurs ont souligné que cette édition s’était déroulée dans une ambiance plus apaisée, ce dont nous pouvons nous réjouir. C’est dans cet esprit qu’EHBai souhaite dresser un bilan de cette édition 2026.

Un contexte qu’on ne peut ignorer
Les Fêtes de Bayonne se sont déroulées du 15 au 19 juillet dans ce contexte. Parce qu’elles comptent parmi les plus grandes fêtes du Pays Basque, elles ne peuvent être considérées comme un simple événement festif : ce qui s’y passe mérite une véritable réflexion collective.

Tout d’abord, nous estimons qu’il est nécessaire de remettre en question le modèle actuel des Fêtes de Bayonne. Les mesures mises en place au nom de la sécurité ne répondent pas de manière satisfaisante aux problèmes de fond. Cette année encore, des agressions sexistes et sexuelles ont été recensées, ainsi que plusieurs agressions à caractère raciste et homophobe. EHBai souhaite exprimer son inquiétude face au sentiment d’impunité dont bénéficient les agresseurs et apporter tout son soutien aux personnes et aux associations ayant subi ce type de violences. Cette situation démontre la nécessité d’aller plus loin en matière de prévention, d’éducation et de responsabilité collective, plutôt que de se limiter au renforcement des dispositifs de contrôle.

Dans ce contexte, nous souhaitons insister sur la nécessité d’approfondir la réflexion collective. Ces dernières années, plusieurs avancées ont été réalisées dans le sillage des propositions portées par le collectif 2032 et différentes associations, mais elles demeurent insuffisantes. Il est indispensable d’engager une réflexion collective sur le modèle des fêtes afin de promouvoir des fêtes populaires, culturelles, apaisées et fondées sur le respect, destinées en priorité aux Bayonnaises et Bayonnais ainsi qu’à l’ensemble des habitantes et habitants du Pays Basque. La qualité de vie, la participation citoyenne et les besoins sociaux doivent primer sur les intérêts économiques et touristiques.

Par ailleurs, nous jugeons inacceptable l’attitude de la Ville de Bayonne, qui a fait retirer plusieurs banderoles en faveur des valeurs du Pays Basque, portant ainsi atteinte à la liberté d’expression. Nous avons également entendu certains acteurs appeler à « ne pas politiser » les Fêtes de Bayonne. Nous souhaitons rappeler que nous sommes, au Pays Basque, une nation dont l’existence est encore niée, et que les fêtes constituent également des moments privilégiés pour exprimer l’identité, la culture, la langue ainsi que les différentes revendications du peuple basque.

La fête, oui ; la lutte aussi !
Nous souhaitons également souligner l’écho qu’ont rencontré cette année encore les revendications en faveur du Pays Basque, ainsi que les nombreux gestes de solidarité, notamment envers la Palestine. Dès la journée d’ouverture, les initiatives en faveur du Pays Basque, de l’euskara et de la culture basque, ainsi que les nombreux espaces et animations proposés tout au long des fêtes, ont démontré la détermination de notre peuple à préserver son identité grâce à l’engagement citoyen. Les Fêtes de Bayonne sont les fêtes du Pays Basque, et la culture populaire doit en être l’un des piliers.

Les fêtes sont un moment privilégié pour faire vivre notre peuple, notre identité, notre langue, notre culture et nos valeurs. Elles doivent aussi être des espaces sûrs, exempts de toute forme de violence. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des acteurs à mettre en œuvre, dans toutes les fêtes du Pays Basque, les mesures de prévention nécessaires pour lutter contre les violences sexistes, racistes et homophobes. Nous appelons également à faire en sorte que les idées et les comportements réactionnaires n’aient pas leur place dans nos communes.

Enfin, EHBai appelle chacune et chacun, tout au long de l’été et dans toutes les fêtes, à faire vivre et à revendiquer le Pays Basque et la culture basque, à vivre et à faire la fête en euskara.

14 Juillet : Souveraineté pour le Pays Basque et reconnaissance officielle de l’euskara !

En ce 14 juillet, l’État français célèbre la Révolution française et la naissance de la République. Pour le Pays Basque, pour l’euskara, ainsi que pour les autres peuples, cultures et langues dominés par l’État français, la Révolution française a eu des conséquences profondes et durables, dont les effets néfastes se font encore sentir aujourd’hui.

Un État au service de l’effacement des nations et des langues

À ce moment charnière de l’histoire, un choix devait être fait entre un modèle d’État prenant en compte la diversité des nations et des langues, ou un modèle fondé sur l’uniformisation. Plusieurs voies étaient mises sur la table. Pourtant, au nom de l’unité et de l’égalité, c’est une vision visant à effacer les différences qui s’est imposée.

Notre peuple a subi, du jour au lendemain, une perte considérable de souveraineté : les institutions propres au Pays Basque, les règles locales ainsi que les systèmes fiscaux qui y étaient installés ont été supprimés. Le département réunissant le Pays Basque et le Béarn a alors été créé.

Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, même en France, les personnes maîtrisant le français étaient minoritaires. Au Pays Basque, la langue du quotidien était l’euskara. Pourtant, au nom de l’égalité, le choix a été fait de privilégier le français, en lui attribuant un rôle central dans l’homogénéisation du territoire et dans la construction de la nation française. Dès lors, comme les autres langues, l’euskara a été condamné à une lente disparition.

EHBai réaffirme que, depuis la Révolution française, l’État français porte une responsabilité historique dans le recul qu’ont subi le Pays Basque et l’euskara, à travers des stratégies et des instruments coercitifs.

Reconnaître la diversité des nations

Malgré cette évolution douloureuse, le Pays Basque et l’euskara sont toujours vivants. Les époques et la société ont changé, mais notre volonté de préserver notre identité et d’être souverain·es demeure intacte.

Dans le contexte de la crise politique, institutionnelle et sociale que traverse aujourd’hui l’État français, nous nous trouvons à un moment décisif. Le statut des nations sans État et des langues non reconnues reste au cœur de l’actualité et de nouvelles perspectives s’ouvrent. C’est pourquoi, en ce 14 juillet, EHBai souhaite se tourner vers l’avenir et affirme ce qui suit :

  • Un changement de paradigme au sein de l’État français est nécessaire. Celui-ci doit abandonner sa conception jacobine, aujourd’hui dépassée, et promouvoir une nouvelle organisation fondée sur la reconnaissance de la diversité des nations et des langues, en rompant avec les rapports de domination.
  • Le Pays Basque Nord a besoin d’un plus haut niveau de souveraineté, à travers un statut d’Autonomie, qui est pleinement d’actualité en Europe. À l’image de la Corse, il est nécessaire d’ouvrir un processus d’évolution du statut politique, fondé sur le droit du peuple basque à décider de son avenir.
  • Ce nouveau statut nous permettra de disposer de davantage de pouvoirs et de mettre en place des services publics répondant aux besoins sociaux de la population ; de faire face au changement climatique avec nos propres moyens ; de construire un nouveau modèle social et économique ; d’apporter des réponses du territoire à la crise du logement ; de développer une politique linguistique propre…
  • Nous revendiquons la reconnaissance officielle de l‘euskara. Compte tenu de sa responsabilité dans le recul de l’euskara et dans son avenir, l’État français doit reconnaître à l’euskara un statut officiel et modifier l’article 2 de la Constitution.
  • EHBai appelle l’État français ainsi que les forces politiques à rompre avec le centralisme et à s’engager en faveur d’un modèle d’État reconnaissant le Pays Basque ainsi que les autres nations et langues qui le composent.

Accélérer la dynamique en faveur du Pays Basque

C’est pourquoi, en ce 14 juillet, EHBai a installé un panneau « Euskal Herria · País Basco · Pays Basque » sur l’axe reliant les Landes au Pays Basque. À travers cette initiative, nous avons voulu affirmer l’existence du Pays Basque et de sa territorialité, ainsi que revendiquer la reconnaissance officielle de l’euskara et de l’occitan.

Ces revendications bénéficient d’un soutien de plus en plus large au sein de la société basque. Nous appelons les institutions à installer des panneaux mentionnant « Euskal Herria » à chacune des entrées du Pays Basque. De la même manière, EHBai invite l’ensemble des habitantes et des habitants à renforcer leur engagement en faveur du Pays Basque par des actions concrètes.

30 Janvier 2027 : IIᵉ Congrès d’EHBai

Gero eta gehiago – Construisons demain

A travers cette conférence de presse, EHBai présente aujourd’hui publiquement son IIᵉ Congrès. Le processus de débat débutera en octobre 2026 et s’achèvera le 30 janvier 2027 à la Maison des Associations de Baiona.

Depuis le premier Congrès qui s’est tenu en novembre 2022, le paysage politique a connu des évolutions importantes. La situation internationale est devenue nettement plus instable, notamment en raison du déclin des États-Unis et de l’intensification de la concurrence entre les grandes puissances. Dans un contexte marqué par l’impérialisme, les guerres, les génocides et la progression de l’extrême droite, un agenda réactionnaire s’est imposé, remettant en cause jusqu’aux fondements du droit international.

Le démantèlement des services publics et des systèmes de protection sociale, la hausse des prix et de la précarité, ainsi que la remise en question des droits humains et de la démocratie elle-même, se sont accentués. Le pillage et la surconsommation des ressources aggravent la crise climatique. Pourtant, les tentatives d’affaiblissement ou de démantèlement des politiques de transition écologique se multiplient.

L’État français traverse une profonde crise politique, sociale et institutionnelle. L’épuisement du modèle centralisateur de la Vᵉ République apparaît de plus en plus clairement et, comme l’a illustré récemment le débat sur l’autonomie de la Corse, les réflexions en faveur de la décentralisation et d’une plus grande autonomie des peuples gagnent en importance. À l’inverse, les politiques néolibérales et la montée de l’autoritarisme ont détérioré les conditions de vie de la population et accentué le malaise social, nourrissant la défiance envers les institutions et le renforcement de l’extrême droite.

Bien que le Pays Basque subisse lui aussi l’impact de ces tendances mondiales, il continue de démontrer sa capacité à se mobiliser et à apporter des réponses collectives aux défis de notre époque. Les avancées réalisées par les abertzale de gauche au cours des quatre dernières années et l’élargissement du débat autour du statut politique ont créé une nouvelle dynamique. Au Pays Basque Nord, le processus d’institutionnalisation se poursuit, mais des compétences et des pouvoirs supplémentaires sont indispensables pour répondre aux enjeux actuels. Le retour du débat sur le statut politique du Pays Basque Nord doit constituer une opportunité pour franchir une nouvelle étape.

Un changement du rapport de forces est en cours sur notre territoire. L’influence des abertzale de gauche et la diffusion de ses idées se sont accélérées. Cette évolution a également révélé l’hostilité de certaines structures de l’État français à l’égard du Pays Basque et la persistance d’attitudes opposées à l’abertzalisme.

Toujours plus nombreux et nombreuses à se mobiliser en faveur du projet de territoire

Nous prévoyons que les années à venir seront marquées par un contexte mondial, social et politique particulièrement complexe. Plus encore, nous devons garder à l’esprit le risque réel de voir l’extrême droite accéder au pouvoir, tant dans l’État français que dans l’État espagnol, dès les prochaines échéances.

Au-delà de toutes les offensives et à tous les obstacles, nous appelons à rassembler et à mobiliser toujours plus de forces autour d’un projet démocratique pour notre peuple, en renforçant l’identité et la voix propre du Pays Basque.

C’est dans cette perspective que s’inscrit le IIᵉ Congrès d’EHBai. Au cours des quatre dernières années, les avancées du mouvement abertzale de gauche ont été particulièrement significatives. Deux étapes historiques méritent d’être soulignées : à la suite des élections législatives françaises de 2024, avec la victoire de Peio Dufau, EHBai a obtenu pour la première fois un député abertzale à Paris ; d’autre part, à la suite des élections municipales de 2026, Alain Iriart, membre d’EHBai, a été élu président de la Communauté d’Agglomération Pays Basque.

Ces deux avancées historiques sont le fruit du travail mené par le mouvement abertzale de gauche et par de nombreux secteurs de la société. Derrière ces victoires électorales se trouve avant tout la proposition d’un projet proche des habitant·es et adapté aux besoins de notre territoire. Ils sont également le résultat d’un travail partagé avec les citoyen·nes et les différents acteurs de la société.

Cela continuera d’être la boussole d’EHBai : construire le Pays Basque Nord, mobiliser et formuler des propositions avec le plus de secteurs possibles de la société afin que notre territoire dispose de davantage de souveraineté et que nous progressions vers une société fondée sur la justice sociale.

IIᵉ Congrès : élargir et renouveler la communauté

C’est pourquoi nous avons choisi comme slogan de ce IIᵉ Congrès :

« Gero eta gehiago – Construisons demain »

Ce slogan porte une idée simple : l’avenir se construira à partir des réponses que nous saurons apporter dès aujourd’hui aux défis de notre temps. Pour cela, notre territoire a besoin d’un projet solide. Et puisque ce projet se construira grâce à l’immense potentiel enraciné dans la société du Pays Basque Nord, nous devons être toujours plus nombreuses et nombreux à nous organiser pour le porter.

Comme il l’a toujours fait tout au long de son histoire, le mouvement abertzale est engagé dans un processus permanent de renouvellement. Le Congrès d’EHBai constituera une occasion privilégiée de mobiliser cette communauté riche et diverse, de l’élargir et de renouveler notre projet politique. Les portes d’EHBai sont ouvertes à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans un projet abertzale, de gauche, écologiste et féministe.

Ainsi, le processus du Congrès sera ouvert non seulement aux membres d’EHBai, mais aussi aux citoyen·nes qui ne sont pas adhérent·es aujourd’hui ainsi qu’aux différents secteurs de la société. Afin de permettre la participation aux débats, des réunions ouvertes seront organisées à l’automne dans l’ensemble des territoires du Pays Basque Nord. Il sera également possible d’adhérer à l’occasion du Congrès pour toutes les personnes souhaitant participer à la journée du 30 janvier 2027 à Baiona.

Pour ce Congrès, nous accorderons une attention particulière à la participation et à la contribution des femmes et des jeunes. Deux rencontres spécifiques seront organisées d’ici la fin de l’année : l’une dans le cadre de notre plan féministe afin de renforcer la participation des femmes à la vie sociale et politique ; l’autre destinée à offrir à la jeunesse un espace propre de participation au sein d’EHBai et du mouvement abertzale.

Le temps des vieilles pratiques politiques est révolu. Le moment est venu de débattre, de décider et de s’organiser collectivement autour de la politique et de l’avenir de notre peuple. Le IIᵉ Congrès d’EHBai sera cet espace.

Réforme constitutionnelle pour la Corse : une avancée importante pour le peuple Corse et les nations sans État !

 

Ce mardi 23 juin, l’Assemblée nationale française a voté le projet de loi constitutionnel pour l’autonomie de la Corse. EHBai souligne la portée de ce vote solennel qui constitue une étape importante dans le processus engagé entre la Corse et l’État français. En effet, pour la première fois, l’État français reconnaît la possibilité d’un pouvoir normatif territorial et d’une capacité d’adaptation des normes aux réalités d’un territoire de la métropole. Cette évolution ouvre une nouvelle perspective : la possibilité réelle d’adapter l’organisation de l’État aux besoins et aspirations démocratiquement exprimés par les territoires.

Cette avancée est également la démonstration qu’il est possible de dépasser l’argument récurrent de « l’inconstitutionnalité » souvent opposé aux revendications culturelles, institutionnelles ou encore linguistiques. Elle confirme qu’un statut d’autonomie est une option politique qui peut et doit trouver sa place dans l’État français afin d’aller vers la reconnaissance de sa plurinationalité.

Pour autant, sur le fond, la vigilance reste de mise. En effet, une grande partie des dispositions concrètes est renvoyée à une future loi organique qui reste à écrire. Le risque existe donc de voir émerger un statut largement symbolique ou insuffisamment doté de compétences effectives. Par ailleurs, les références à la communauté corse, à son identité propre et au lien particulier qu’elle entretient avec son territoire ont été fortement atténuées au cours des débats parlementaires.

Le chemin institutionnel est encore long. Le texte doit désormais franchir l’étape du Sénat, dont les positions sont connues pour leur réticence à toute évolution de ce type, puis celle du Congrès. Ces échéances constituent un défi majeur. Le peuple corse a cependant démontré sa détermination à faire aboutir ce processus. En cas d’échec, le risque serait grand d’alimenter à nouveau les frustrations légitimes exprimées depuis de nombreuses années.

Par ailleurs, EHBai déplore les réflexes jacobins révélés lors des débats parlementaires qui demeurent profondément ancrés dans une partie de la classe politique française. Au-delà du cas corse, ces discussions soulignent la nécessité d’ouvrir un débat de fond sur l’organisation de l’État français, le partage du pouvoir et la place des territoires et nations sans État. Selon l’enquête Radioscopie du régionalisme en 2025 menée par l’Institut IPSOS et la fédération R&PS, 90% des français·es pensent que L’Etat central est trop déconnecté des réalités locales.

Enfin, le processus corse rappelle un principe démocratique essentiel : lorsque des évolutions institutionnelles sont soutenues de manière majoritaire et durable sur un territoire, cette volonté doit être entendue et respectée. Ce principe vaut pour la Corse et devrait pouvoir s’appliquer partout où une majorité démocratique exprime une aspiration comparable.

EHBai exprime sa solidarité avec le peuple corse, qui vit aujourd’hui un moment clé de son histoire politique. Nous suivrons avec attention les prochaines étapes de ce processus, porteurs d’espoirs pour l’ensemble des peuples et territoires qui aspirent à davantage de reconnaissance, de démocratie et d’autonomie, comme c’est le cas au Pays Basque également. EHBai estime que la proposition d’autonomie du Pays Basque que nous avons présentée en 2024 est toujours d’actualité. Nous appelons l’ensemble des acteurs et élu·es du territoire à engager un débat sur le statut politique du Pays Basque Nord et à œuvrer à la construction d’accords larges sur son évolution institutionnelle.

EHBai dénonce la décision judiciaire à l’encontre de Josu Urrutikoetxea

EHBai juge inacceptable la décision de la Cour d’Appel de Paris d’approuver le mandat d’arrêt européen émis contre Josu Urrutikoetxea.

Dans un contexte politique où la majorité de la population basque soutient un scénario d’une paix juste et durable au Pays Basque, l’application de ces mesures est totalement contre-productive et anachronique. Avec cette décision, le tribunal de Paris s’aligne sur les secteurs judiciaire, policier et médiatique qui agissent dans une logique de vengeance dans l’État espagnol. Dans l’attente des décisions qui seront connues dans les semaines à venir, nous attirons l’attention sur le fait que Josu Urrutikoetxea risque d’être expulsé, transféré à Madrid et emprisonné.

La société civile, les élu·es et les institutions du Pays Basque Nord ont insisté sur le fait que le processus de paix doit être mené à son terme et que, pour ce faire, l’État français doit également désamorcer les mesures exceptionnelles et faire le pas pour mettre fin à toutes les souffrances. Le verdict contre Josu Urrutikoetxea est un verdict qui va à l’encontre de cette volonté de notre territoire. C’est pourquoi la société basque, comme elle l’a fait ces dernières années, ne peut tolérer de telles décisions qui nous renvoie au passé.

Il est temps de trouver une solution définitive. Avec l’État espagnol, l’État français doit assumer les responsabilités qui lui incombent et nous lui demandons non seulement d’abroger ces mesures exceptionnelles, mais aussi de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour trouver une solution définitive à la question des prisonnier·es et des réfugié·es basques.

1er mai : pour la justice sociale, au Pays Basque c’est possible !

A l’occasion du 1er mai, Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, EHBai réaffirme la nécessité de préserver et renforcer les droits des travailleur·euses, la protection sociale et les services publics, d’autant plus lorsque ces derniers sont de plus en plus menacés.

En effet, le contexte international est marqué par un enchaînement de crises qui s’aggravent et se nourrissent les unes des autres. Crises politiques et sociales majeures, urgence climatique, guerres, génocides, montée des régimes autoritaires et de l’extrême droite, attaques répétées contre les droits sociaux : partout, les classes populaires et les classes moyennes paient le prix fort de politiques au service d’une minorité privilégiée.

Au Pays Basque Nord comme ailleurs, ces choix ont déjà de lourdes conséquences : austérité, précarisation du travail, affaiblissement des solidarités et démantèlement des services publics frappent de plein fouet les habitant·es depuis des années.

Renforcer les compétences du Pays Basque Nord pour faire face à la situation

Dans ce contexte, EHBai souligne l’urgence de renforcer la démocratie locale et d’engager une véritable transformation sociale au Pays Basque, fondée sur la justice sociale, afin de construire un projet de territoire ambitieux, capable de garantir à toutes et tous de meilleures conditions de vie.

Aujourd’hui, le Pays Basque Nord ne dispose pas des compétences suffisantes pour mettre en place des services publics de qualité et des politiques de protection sociale, ou bien construire son propre cadre de négociation collective. Les décisions majeures sont prises en dehors du Pays Basque Nord, à Pau, Paris ou Bruxelles.

Il existe donc de nombreuses raisons, sur les plans social, du travail et économique, pour que le Pays Basque Nord dispose de davantage de pouvoir et pour revendiquer une évolution de son statut politique. En ce 1er mai, EHBai revendique que les négociations collectives se déroulent sur le territoire, afin de permettre de véritables avancées sociales et démocratiques pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs, du public comme du privé. C’est pourquoi, la participation des acteurs sociaux, économiques et syndicaux du territoire est indispensable dans le débat sur l’évolution institutionnelle.

Partager la richesse et renforcer les services publics

Notre territoire doit refuser les politiques d’austérité qui lui sont imposées et qui démantèlent les services publics et suppriment des emplois. Ces choix politiques affaiblissent notre territoire et creusent les inégalités. Nous défendons au contraire un service public fort, pilier indispensable d’une transformation sociale profonde, afin de construire une société plus juste et égalitaire, et mettre l’économie au service de toutes et tous. Nous appelons la société dans son ensemble à se mobiliser collectivement pour défendre et renforcer des services publics de qualité sur notre territoire.

Pour EHBai, il est temps de placer la justice sociale au cœur des décisions politiques. En effet, le mouvement politique estime qu’il est nécessaire de repenser la répartition des richesses, afin que les gains de productivité bénéficient aux travailleur·euses et non qu’ils soient accaparés par une minorité : porter le salaire minimum à 1 600 euros nets ; garantir l’égalité salariale entre les femmes et les hommes et réduire les écarts de revenus ; réduire le temps de travail afin d’assurer davantage de bien-être, moins de stress, un meilleur équilibre de vie ainsi qu’un partage plus équitable de l’emploi et des tâches domestiques ; garantir un système de retraite digne, qui conditionne la qualité de vie d’une grande partie de la population. EHBai poursuivra également son combat pour l’abrogation de la réforme imposée en force en 2023 par Emmanuel Macron, afin d’instaurer un départ à la retraite à 60 ans.

Nous sommes à un tournant historique, où nos choix seront décisifs. Si nous ne luttons pas pour un meilleur partage des richesses, la pauvreté et la précarité continueront de s’étendre. Si nous ne rompons pas avec un modèle économique destructeur fondé sur la surproduction et la surconsommation, nous serons contraint·e·s d’assister à l’effondrement économique et écologique de notre société. Si nous laissons la démocratie s’affaiblir, c’est l’autoritarisme qui s’imposera.

Face à ces risques, il est indispensable d’agir, de rassembler nos forces et de se mobiliser. Car nous avons une responsabilité collective : prendre en main notre avenir et construire des alternatives concrètes.

Au Pays Basque, c’est possible !

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