Les élections municipales : un rendez-vous décisif aussi pour le projet de territoire

 

Les élections municipales approchent à grands pas et, en tant que territoire, nous faisons face à un enjeu majeur. En effet, lors de ce scrutin, nous voterons dans nos communes, et les résultats dessineront une nouvelle carte municipale du Pays Basque Nord. Cette carte aura une répercussion directe sur la composition de la Communauté d’Agglomération Pays Basque. C’est pourquoi nous souhaitons souligner l’importance qu’auront les votes des 15 et 22 mars sur les politiques publiques de nos communes et de l’ensemble du territoire.

Au sein de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, le mandat 2026-2032 sera déterminant pour consolider et renforcer le projet de territoire du Pays Basque Nord. Face aux crises actuelles, à l’instabilité et à l’avancée de l’agenda réactionnaire, notre territoire doit faire preuve d’ambition et franchir des étapes qualitatives s’il veut garantir son développement.

Nous souhaitons rappeler qu’au cours des années 2010, une majorité de la population du Pays Basque Nord s’était prononcée en faveur d’une Collectivité Territoriale à Statut Particulier, demande que l’État français n’a pas acceptée. Toutefois, la décision avait été prise de poursuivre le processus visant à faire reconnaître le Pays Basque Nord comme sujet politique à part entière.

Depuis 2017, avec la création de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, le territoire se structure et s’organise institutionnellement. Il s’est approprié les compétences qui lui reviennent et a commencé à mettre en place des politiques publiques à destination des habitantes et habitants des trois provinces. Malgré les limites et les manques évidents du cadre institutionnel actuel, le Pays Basque Nord a démontré sa capacité à se gouverner et à travailler avec le consensus.

La nécessité d’une évolution institutionnelle

C’est pourquoi nous estimons qu’il est nécessaire de franchir une nouvelle étape, en nous dotant d’outils adaptés à notre réalité et à nos ambitions. Le mandat 2026-2032 sera crucial dans l’évolution institutionnelle du Pays Basque Nord et nous pensons que la Communauté d’Agglomération Pays Basque, en lien avec la société civile, doit jouer un rôle central dans la construction d’un nouveau rapport de force en favorisant le débat et les consensus entre élu·es.

Il est indispensable de consolider et de poursuivre le chemin déjà parcouru, mais le territoire a besoin de davantage de pouvoirs et de compétences, ainsi que de la possibilité pour les citoyennes et citoyens d’élire leurs représentant·es territoriaux au suffrage universel direct. EHBai propose de renforcer la vision et le projet de territoire, en s’appuyant sur ce qui a déjà été construit pour avancer collectivement vers une évolution institutionnelle.

Tout comme la société civile et les citoyen·nes, les élu·es communautaires qui seront élu·es les 15 et 22 mars joueront un rôle essentiel dans ce débat. Dans ce sens, nous appelons à participer à la réflexion engagée par la plateforme Batera, dans la diversité et le consensus. EHBai appelle à un débat constructif et souligne que l’avenir de notre territoire se construira et se décidera ici.

Avancer sur les enjeux stratégiques

Le nouveau mandat devra permettre de consolider et de renforcer les compétences actuelles de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, tout en franchissant une nouvelle étape dans ces domaines. Compte tenu des crises multiples et imbriquées que nous traversons, il est nécessaire de poser les bases les plus solides possibles dans les politiques publiques et dans le développement de l’ensemble des compétences.

Pour EHBai, tous les sujets sont importants. C’est pourquoi nous souhaitons mettre l’accent sur la nécessité d’aller plus loin – jusqu’à la mise en œuvre de nouveaux projets – dans les domaines suivants : l’euskara, la culture, la transition écologique, le logement, le foncier et l’aménagement du territoire, l’agriculture et l’alimentation, la mobilité, la gestion de l’eau, l’économie, la coopération transfrontalière, l’enseignement supérieur ou encore la politique des déchets.

Par ailleurs, nous estimons que la Communauté d’Agglomération Pays Basque joue un rôle indispensable pour faire avancer ou peser sur plusieurs enjeux, notamment : la demande de reconnaissance officielle de l’euskara ; l’opposition au projet de Ligne à Grande Vitesse ; l’obtention de compétences en matière de logement ; la création d’un Office Public de l’Alimentation et de l’Agriculture ; ou encore la mise en place de politiques publiques en faveur des droits des femmes.

Au cours de ce mandat, répondre de manière adaptée, à l’échelle du territoire, à la croissance démographique que connaît le Pays Basque Nord constituera également l’un des défis majeurs.

Améliorer la gouvernance

Ces derniers mois, à l’initiative de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, des discussions ont eu lieu entre élu·es pour élaborer un nouveau projet de Pacte de Gouvernance. Les élu·es abertzale de gauche y ont participé activement. Ce projet sera soumis au vote ce samedi au sein de l’institution du Pays Basque Nord et sera acté en début de nouveau mandat.

En effet, définir clairement ce que nous voulons faire est aussi important que de déterminer comment nous souhaitons le faire. Là encore, l’évolution institutionnelle est centrale, car l’impossibilité, à ce stade, d’élire directement les représentant·es au suffrage universel met en évidence un manque démocratique. Quoi qu’il en soit, améliorer la gouvernance et la rendre la plus démocratique possible doit constituer un des enjeux majeurs des six prochaines années.

Pour EHBai, l’unité autour d’un projet de territoire — garantissant la cohésion, la solidarité et l’équité — est essentielle. Cela implique qu’il y ait une vraie possibilité de débats entre élu·es avant les prises de décision, et que la participation citoyenne soit considérablement renforcée.

Le projet de territoire se construit également en renforçant l’échelle locale, tout en garantissant sa cohérence avec les orientations territoriales. C’est pourquoi nous estimons important de renforcer les responsabilités des pôles territoriaux et des élu·es locaux, afin d’adapter les politiques publiques aux réalités locales et de leur permettre d’exercer un véritable rôle de premier plan.

Par ailleurs, nous défendons une représentation équilibrée des territoires dans toutes les instances possibles, ainsi que des modalités de désignation fondées sur une concertation la plus large possible. De même, nous soulignons la nécessité de renforcer la participation active des citoyen·nes et de la société civile, afin d’alimenter une véritable synergie entre la société et les pouvoirs publics.

Enfin, accroître la représentation et l’influence des abertzale de gauche au sein de la Communauté d’Agglomération Pays Basuqe constitue une priorité pour EHBai. Lors du mandat précédent, la contribution des élu·es abertzale de gauche a été déterminante pour faire avancer le projet de territoire. C’est pourquoi nous réaffirmons l’importance, pour le territoire, de voter en faveur des candidatures abertzale de gauche lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochains !

Barnekaldeko Topaketa Munizipalistak: le nouvel élan d’EHBai en vue des élections municipales de 2026 !

Le samedi 10 janvier 2026, EHBai organisait la seconde édition de ses Rencontres Municipalistes (Topaketa Munizipalistak), cette fois consacrée au Pays Basque intérieur. Cet événement visait à poursuivre l’accompagnement et la mise en capacité des dynamiques qui se présenteront aux élections municipales de mars 2026. Pour cette échéance, l’ambition d’EHBai est clairement affirmée : renforcer le soutien des citoyennes et citoyens à notre projet politique ainsi qu’accroître l’influence des abertzale de gauche dans les mairies sur l’ensemble du Pays Basque Nord et au sein de la Communauté d’Agglomération du Pays Basque.

Les élections municipales, enjeu majeur de 2026

Alors que nous vivons une crise structurelle multiple – sociale, écologique, culturelle, politique et démocratique, les élections municipales et communautaires de 2026 auront un rôle crucial dans la réponse que nous pourrons y apporter. Pour EHBai, ces élections constituent un rendez-vous prioritaire. En effet, la mairie est un lieu de pouvoir stratégique et le plus proche des citoyens et citoyennes ; avec la compétence d’agir notamment sur l’aménagement du territoire, le logement, l’environnement, la politique linguistique ou encore l’urbanisme. Les élections municipales sont ainsi l’occasion de participer aux décisions concrètes qui structurent la vie des communes et du territoire, afin d’améliorer concrètement les conditions de vie des habitantes et habitants.

Dans un contexte où les politiques menées par l’Etat français restent aveugles aux réalités et aux besoins de notre territoire, chaque jour, c’est notre langue, nos services publics ainsi que notre environnement qui subissent les conséquences de décisions éloignées de nos vies. Face à ces défis, agir collectivement n’est plus une option, mais une nécessité. Et puisque les mairies sont d’importantes institutions de transformation sociale et politique, nous défendons une autre manière de gouverner et de faire de la politique : nous réaffirmons notre entière volonté de travailler avec les acteurs économiques, la société civile et, en définitive, avec la population.

Au niveau du territoire, l’enjeu est considérable. Depuis la création de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, de nombreuses politiques publiques ont été mises en place, et nous considérons que cette dynamique est globalement positive. Toutefois, le Pays Basque Nord a besoin d’une évolution institutionnelle lui permettant de gagner en souveraineté afin de répondre efficacement aux défis du territoire et de ne plus dépendre de décisions prises à l’extérieur.

C’est pourquoi, nous estimons que l’un des principaux défis du mandat 2026-2032 sera d’engager ce débat et parvenir à un large consensus afin de constituer une majorité en faveur d’un nouveau cadre institutionnel et de construire un projet territorial solide, car il est indispensable de renforcer les politiques publiques progressistes au Pays Basque Nord. Dans cette optique de transformation, nous nous engagerons également à améliorer la gouvernance de la Communauté d’Agglomération Pays Basque et, en fonction des résultats, nous sommes prêt·es à assumer davantage de responsabilités.

EHBai appelle le Parti Socialiste à soutenir la liste d’union de la gauche à Baiona

EHBai se fixe pour ambition d’obtenir de nouvelles avancées dans l’ensemble du Pays Basque Nord. Nous préparons ce rendez-vous électoral avec l’ambition de consolider les progrès réalisés lors des dernières élections tout en conquérant de nouvelles municipalités. Dans de nombreuses communes, nous construisons des consensus et nous nouons des alliances en vue de constituer de nouvelles majorités. Anticipant que nous serons en mesure de soutenir davantage de listes qu’en 2020, nous pensons qu’une attitude d’ouverture est indispensable pour mettre en œuvre un projet de territoire abertzale de gauche, féministe, écologiste et euskaltzale.

Cependant, nous sommes préoccupé·es par la situation bayonnaise. Les secteurs jacobins du Parti Socialiste ont fait le choix de refuser toute coopération avec les abertzale, tournant ainsi le dos à l’unité de la gauche. Les élections législatives de 2024 ont pourtant démontré qu’il est possible de proposer des candidat·es et des programmes compatibles avec ceux des abertzale de gauche, et que cette démarche mène à la victoire. Ainsi, nous considérons que la décision prise par Henri Etcheto de présenter une deuxième liste, sans jamais répondre aux nombreuses propositions formulées pour rejoindre la dynamique d’union, relève d’une attitude irresponsable et nous le regrettons profondément. C’est en ce sens qu’EHBai adresse un appel au Parti Socialiste afin qu’il soutienne publiquement – et dans les plus brefs délais – la liste en faveur de l’union des forces de gauche à Baiona afin de clarifier la situation.

Au regard des évolutions de ces dernières années, plusieurs secteurs expriment aujourd’hui leurs inquiétudes face à la progression des abertzale de gauche. À l’occasion de ces élections, nous constatons une volonté manifeste de freiner cette dynamique. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des abertzale, ainsi que toutes les citoyennes et tous les citoyens qui se reconnaissent dans notre projet, à se mobiliser durant la campagne, et à participer de manière large et décisive aux élections les 15 et 22 mars 2026. Au Pays Basque c’est possible !

Face à l’impérialisme, solidarité avec le Venezuela !

 

EHBai condamne l’attaque impérialiste des États-Unis, menée par Donald Trump, contre le peuple vénézuélien, ainsi que l’enlèvement du président Nicolas Maduro ainsi que son épouse Cilia Flores. Ce qui se passe au Venezuela est extrêmement préoccupant et grave, d’autant plus à un moment où le fascisme et l’autoritarisme se renforcent au niveau international. Avec cette attaque, les États-Unis ne violent pas seulement la souveraineté du Venezuela, mais aussi le Droit international ainsi que la Charte des Nations Unies.

Donald Trump et, plus largement, l’extrême droite, cherchent à renforcer un monde sans règles, dont seuls les puissants, les millionnaires et les impérialistes peuvent tirer profit. Leur objectif réel n’est pas la paix, ni la démocratie ou la liberté des peuples. Leur but est de prendre le contrôle du monde, en menaçant déjà d’autres pays, dont la Colombie, Cuba ou le Groenland.

Une attaque impérialiste guidée par les intérêts pétroliers

Cette offensive vise à obtenir un accès et un contrôle strict sur les richesses naturelles du Venezuela et de la région, et à intimider et soumettre les gouvernements d’Amérique latine et des Caraïbes. Les réserves de pétrole du Venezuela étant parmi les plus importantes du monde, l’offensive de Donald Trump vise à garantir et contrôler ces intérêts.

Cette attaque inacceptable constitue une avancée dans l’offensive impérialiste que les États-Unis et leur président accélèrent depuis plusieurs mois. Comme dans les périodes sombres de l’histoire d’Amérique du Sud, les États-Unis cherchent à mettre sous leur contrôle les régimes politiques de tout le continent, utilisant pour cela toutes sortes d’attaques et de pressions. Avec l’intervention militaire contre le Venezuela, l’ingérence stratégique franchit un nouveau palier.

La communauté internationale doit condamner cette attaque inacceptable

EHBai défend la souveraineté de tous les peuples et souligne que seul le peuple vénézuélien peut décider de son avenir. Nous demandons l’arrêt de l’attaque militaire, la libération des personnes enlevées, dont le président Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, et le respect du Droit international. Nous considérons que la communauté internationale tout entière doit réagir dans ce sens.

Cependant, la position du président français Emmanuel Macron a suivi le chemin inverse. Au lieu de défendre le Droit international, il a soutenu et légitimé l’attaque militaire, révélant à nouveau la dépendance de la France aux États-Unis.

Mobilisations à Ziburu et Baiona

Face à cette situation alarmante, EHBai appelle à se mobiliser le mardi 6 janvier. À Ziburu, la mobilisation se tiendra à 19h, au rond-point ; à Baiona, nous appelons à participer à la mobilisation organisée devant la Préfecture par plusieurs partis et mouvements. Il nous paraît nécessaire de donner une réponse large et massive.

Nous exprimons notre pleine solidarité avec le peuple vénézuélien. Contre l’impérialisme et l’ingérence extérieure, pour la souveraineté des peuples, l’autodétermination et la paix !

✨ Urte berri on eta 2026rako mila zorion!

Il est des chansons qui réveillent en nous des émotions profondes. C’est le cas d’« Izarren hautsa » (« Poussière d’étoiles ») de Xabier Lete, une œuvre puissante qui explore le sens de notre existence et notre place dans ce monde.

Cette année, je vous fais part de mes vœux en musique, inspirés par cette chanson magnifique. Elle nous rappelle que, même dans les périodes compliquées, c’est en avançant ensemble pas à pas que l’on accomplit de grandes choses.

En repensant au chemin parcouru en 2025, je nous souhaite de poursuivre dans cette belle dynamique commune, avec la même énergie, la même solidarité et le même engagement pour de nouvelles victoires. ✨

 

L’euskara a besoin d’une nouvelle politique linguistique

 

Suite à l’Assemblée Générale de l’Office Public de Langue Basque qui a eu lieu ce 11 décembre, EHBai souhaite partager sa lecture politique de la situation. L’issue de cette Assemblée Générale met plusieurs éléments en évidence.

Tout d’abord, le montant de financement validé par l’OPLB n’est en aucune manière le montant dont le processus de revitalisation de l’euskara a besoin. Rappelons qu’en 2023, ce fut l’OPLB lui-même qui avait mené une étude pour identifier les besoins en matière de politique linguistique. Les conclusions étaient claires : 2,6 millions d’euros supplémentaires au financement actuel étaient nécessaires, c’est-à-dire que chaque membre de l’OPLB devait augmenter son financement de 650 000 euros. C’est pourquoi, l’augmentation décidée lors de cette Assemblée Générale (400 000 euros, ainsi que les 200 000 euros supplémentaires prévus par la CAPB) est clairement au-dessous des ressources dont l’euskara a besoin. Cette décision aggrave très clairement la situation de notre langue.

EHBai souligne que la responsabilité de l’échec de ce processus de deux ans est d’abord celle de l’État français, représenté par le Préfet des Pyrénées-Atlantiques. Ce dernier a montré une position offensive à l’encontre de l’euskara ainsi que du mépris envers la volonté du territoire de revitaliser l’euskara. En maintenant sa position rigide, il a fait planer le risque de la disparition de l’OPLB.

De son côté, la CAPB, puisqu’elle constitue, au niveau du Pays Basque Nord, la seule structure chargée de mettre en œuvre des politiques publiques en faveur de l’euskara, a agi de manière responsable. Rappelons que, tout au long de ces deux années de processus, elle a été la seule collectivité à s’être engagée dès le départ en faveur de l’augmentation des moyens nécessaires à la politique linguistique. Sur ce chemin semé d’obstacles, l’objectif du Préfet a été d’isoler la Communauté d’Agglomération. Dans ce sens, nous déplorons également le manque d’engagement des autres parties prenantes.

La responsabilité de l’État français dans la situation d’urgence de l’euskara

Comme cela a été souligné à plusieurs reprises, l’UNESCO elle-même a conclu que la survie de l’euskara était menacée au Pays Basque Nord, puisque la proportion de locuteurs et locutrices euskaldun est bien inférieure à 30 % (20 %).

L’État français porte une responsabilité historique dans le processus de substitution linguistique qu’a connu le Pays Basque ainsi que dans la situation actuelle. Le recul de l’euskara n’a en effet pas été un processus naturel. La situation d’urgence que connaît aujourd’hui notre langue est la conséquence de politiques publiques méthodiques mises en œuvre par les institutions françaises. Ce n’est pas nous qui le disons : l’interdiction de son usage à l’école, les humiliations, les sanctions, les obstacles à l’accès à l’administration, la destruction des espaces de transmission, le mépris institutionnel… sont abondamment documentés dans de nombreux travaux d’expert·es.

Aujourd’hui, l’État français est le seul État d’Europe occidentale à interdire, dans sa Constitution, toute forme de co-officialité linguistique. Les institutions françaises abordent systématiquement la question linguistique à travers une hiérarchie stricte, selon laquelle le français demeure l’unique langue légale de l’action publique.

Dans le même temps, 72% de la population du Pays Basque se déclare favorable à la co-officialité de l’euskara. Le refus est donc double : refus de la reconnaissance officielle et juridique nécessaire à l’euskara, et mépris de la volonté exprimée par la majorité du peuple basque.

L’État français devrait reconnaître sa responsabilité historique dans le processus de substitution linguistique et dans le recul de l’euskara, et, à partir de ce constat, mettre en place une politique de réparation capable de transformer en profondeur la situation actuelle.

Politique linguistique et évolution institutionnelle

L’OPLB s’est fixé l’objectif d’atteindre 30% de locuteurs et locutrices euskaldun en 2050, et nous trouvons cet objectif pertinent. Cependant, il est évident que cet objectif et la politique linguistique actuellement en vigueur ne sont en aucun cas cohérents. Une politique linguistique ambitieuse et courageuse est indispensable pour former 40 000 nouveaux locuteurs et locutrices supplémentaires au cours des 25 prochaines années.

En ce sens, vouloir limiter la revitalisation de l’euskara à une simple question budgétaire nous éloigne de cet objectif. La question est structurelle, à la fois politique et juridique, et pour qu’une politique linguistique soit efficace, des mesures fortes sont nécessaires, parmi lesquelles :

  • La reconnaissance officielle de l’euskara et sa protection juridique.
  • Une stratégie solide de transmission de la maîtrise de l’euskara, avec pour axes centraux la généralisation du modèle immersif et un véritable saut qualitatif dans la l’euskaldunisation des adultes.
  • Des avancées vers la normalisation de la présence et de l’usage de l’euskara dans l’enseignement, l’administration et l’espace public.
  • L’ensemble de ces mesures exige la garantie d’une planification linguistique et d’un financement à long terme.

Selon EHBai, le schéma de l’OPLB est obsolète. Cet outil ayant été conçu dans l’intérêt et sur mesure pour l’État français, le dernier mot et la décision finale en matière de politique linguistique restent toujours entre ses mains. Ce que nous avons pu constater au cours des deux dernières années ainsi que lors de l’Assemblée Générale du 11 décembre est très clair. La société et les institutions du Pays Basque Nord souhaitent franchir un cap en faveur de l’euskara, mais l’État bloque cette volonté.

C’est pourquoi, nous revendiquons que la compétence de la politique linguistique ainsi que sa nouvelle organisation soient relocalisées au Pays Basque Nord. Il est logique que l’avenir de notre langue soit décidé sur notre territoire. De fait, si nous voulons avancer dans le processus de revitalisation de l’euskara, le Pays Basque Nord a impérativement besoin de davantage de pouvoir. Ce processus d’évolution institutionnelle ne peut pas être prolongé, tout comme il est nécessaire d’ouvrir dès aujourd’hui le débat sur une nouvelle organisation de la politique linguistique, afin qu’il puisse se mener de la manière la plus large et la plus consensuelle possible.

Afin d’impulser les changements dont l’euskara a besoin, EHBai souligne l’importance de la mobilisation des acteurs, des élu·es et des citoyen·nes du Pays Basque Nord. Dans cette perspective, et au regard des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains ainsi que du nouveau mandat de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, nous affirmons qu’il est indispensable de placer la question de l’euskara et de la politique linguistique au cœur du débat.

Enfin, nous appelons les citoyen·nes à participer à l’événement « Euskaraz bizitzeko pizkundea » qu’Euskalgintzaren Kontseilua organisera le 27 décembre à la Bilbao Arena. Parce que le bond en avant que doit effectuer le processus de revitalisation de l’euskara doit être réalisé à l’échelle de l’ensemble du Pays Basque.

Zoom sur le Conseil Communautaire du 6 décembre

Les élu·es communautaires se réunissaient samedi 6 décembre pour la dernière session plénière de l’année 2025. Lors de cette dernière, le sujet principal était la création d’un Conseil de l’Agriculture et de l’Alimentation qui a été validée. Nous vous proposons de revenir sur ceux sujets ainsi que ceux qui ont été portés par des élu·es membres d’EHBai.

Création du Conseil de l’Agriculture et de l’Alimentation

Lors du dernier conseil de la Communauté d’Agglomération Pays Basque de l’année, la création du Conseil de l’Agriculture et de l’Alimentation a été la décision la plus importante.

Sous pression du préfet et de l’opposition

La Communauté d’Agglomération Pays Basque a voté, à la majorité, la création du Conseil de l’Agriculture et de l’Alimentation. Cette décision vient répondre à la situation critique que vivent les agriculteurs et agricultrices locaux.

Jean-Louis Prebende, élu de Gabadi, a souligné que « La disparition des exploitations est une réalité criante, les projections ne sont pas bonnes. A ce rythme, plus de 100 exploitations auront disparus en 2050 et je crains que nous soyons même en dessous de la vérité. Le manque de succession, les difficultés économiques, les changements climatiques, les problèmes sanitaires me font craindre une accélération de la tendance. »

Les élu·es abertzale ont déploré les lettres que la Chambre d’Agriculture ainsi que le Préfet des Pyrénées-Atlantiques ont envoyé à tou·te·s les maires. Comme l’a exprimé Peio Quihillalt, maire de Ligi- Atherei, envoyer cette lettre avant que le vote des élu·es a suscité de l’étonnement. « Nous tenons tout de même à rectifier le contenu du texte de la Chambre : le Président de la Région M. Alain Rousset ne s’est jamais positionné par écrit, ou autrement, en défaveur de la création d’un tel Conseil. »

L’objectif de l’Office Public de l’Agriculture et de l’Alimentation

« Prenons de la hauteur : aujourd’hui, le monde agricole ne peu plus attendre. Le Pays Basque mérite qu’on s’occupe de son agriculture de manière spécifique. Nous comprenons que le vote de cette délibération permettra à la CAPB de réunir l’ensemble des acteurs et actrices à se mettre, dès demain, autour de la table pour coconstruire cet outil en gardant en objectif la création d’un Office Public de l’Agriculture et de l’alimentation à l’échelle du Pays Basque Nord, notamment en réduisant le mille-feuille administratif et en relocalisant les décisions. »

« Nous ne pouvons pas attendre 8 ans de plus » affirme le maire souletin, en rappelant qu’en 2018 l’Office Public de l’Agriculture et de l’Alimentation avait été déjà demandé et que depuis huit années se sont écoulées. « Votons cette délibération pour commencer à travailler ensemble en faveur du Pays Basque et de ses agriculteurs et ses agricultrices », ajoute Jean-Louis Prebende.

La majorité des élu·es a répondu favorablement à cet appel, lors du vote qui s’est déroulé sous les pressions du Préfet et de la Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques.

Dérogations au repos dominical

Comme chaque année, Gilles Haran, élu d’Isturitze, a pris la parole lors de la délibération sur les dérogations accordées aux établissements souhaitant ouvrir le dimanche. Ces ouvertures bénéficient majoritairement à des grandes surfaces et grands groupes et précarisent les salarié·es.

Selon EHBai, il s’agit ici de l’inverse total du modèle que devrait valoriser la Communauté d’Agglomération Pays Basque. D’année en année, l’exception dérogatoire devient la règle, fragilisant davantage les acquis sociaux des travailleur·ses.

Comme l’a exprimé Gilles Haran, nous devons défendre ce repos du dimanche : « Ce temps de repos est précieux. Il est une opportunité pour notre tissu social et économique, et permet de se structurer et de faire société. »

Les élu·es d’EHBai et le groupe Bil Gaiten votent contre cette mesure, tout comme 34% des élu·es communautaires, un résultat qui a baissé depuis l’an dernier. Pour toutes les raisons déjà exprimées et pour ne pas reculer notamment sur ce qui fait société et sur les acquis sociaux, nous devons continuer à défendre le repos du dimanche !

PLU de Kanbo

Enfin, Jean-Claude Malharin, élu d’Amendüze-Unaso membre d’EHBai et du groupe Bil Gaiten,s’est exprimé lors du vote du PLU de Kanbo.

Ce PLU inculant toujours le projet de Marienia – les élu·es attendaient qu’il soit retiré -, le groupe Bil Gaiten s’est abstenu sur cette délibération, malgré “quelques améliorations par rapport au projet précédent”.

Marienia ez hunki!

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