Burujabetza Euskal Herriarentzat

Cette année, EH BAi appelle les habitant.es du Pays Basque à fêter l’Aberri Eguna le 17 avril à Ascain. Il y a deux ans, en plein confinement, c’est chacun.e chez soi que nous avions fêté ce jour si particulier ; l’an dernier, c’est en chantant que nous nous sommes réuni.es sur les places de plusieurs communes. La crise multiple causée par la Covid-19 ne fait que souligner le fait qu’afin de faire face aux enjeux sociaux, économiques, climatiques et culturels, le Pays Basque a besoin d’accéder à sa plus grande souveraineté.

Après deux ans sans Aberri Eguna, il est temps de se retrouver. La journée commencera à midi avec une manifestation et des prises de parole. Puis, à partir de 13:30, un repas assis, des talos, ainsi qu’une buvette seront proposés, le tout animé par un groupe de musique.
L’Aberri Eguna est un rendez-vous nous permettant de revendiquer d’une part d’où nous venons et d’autre part vers où nous voulons aller.

Notre pays a démontré qu’il était capable de relever des défis importants. À l’avenir, étant donné les enjeux auxquels nous devons faire face, il devra en être de même. Ces derniers mois, le Pays Basque nord dans sa diversité a su mobiliser sur plusieurs sujets primordiaux : en faveur de l’éducation en euskara, contre la spéculation foncière, pour que le logement soit réellement un droit pour toutes et tous, pour la libération des prisonnier.es politiques basques etc… Ces évènements mettent en exergue la complémentarité entre la mobilisation populaire et le travail institutionnel. Au Pays Basque nord, les rapports de forces se construisent de plus en plus souvent selon les intérêts de la population locale.

Néanmoins, il est clair que nous avons besoin de plus de compétences et d’outils. En se basant sur la situation actuelle, il nous semble qu’afin de subvenir aux besoins et aspirations de la population, c’est une institution à compétence accrue dont nous avons besoin. En outre, au-delà des frontières qui sont imposées, nous rappelons qu’il est important de favoriser les relations entre les citoyen.nes, acteurs, territoires et institutions de l’ensemble du Pays Basque. Ces collaborations ne peuvent qu’œuvrer à la construction nationale.

Nous observons d’un œil inquiet la campagne présidentielle française et plus largement la situation politique au sein de l’État français. Le centre-droit libéral arrivé au pouvoir il y a 5 ans avec Macron s’est mué en extrême droite. L’idéologie conservatrice, les politiques favorables aux classes privilégiées et l’inaction climatique ont marqué ce quinquennat. De plus, comment ne pas mentionner le mépris à l’encontre des revendications du Pays Basque.

Nous avons tiré deux enseignements principaux des derniers événements en Corse. Premièrement, nous savons maintenant que le gouvernement français est disposé à laisser pourrir la situation des prisonnier.es politiques jusqu’à la mort de l’un d’entre eux. Deuxièmement, le gouvernement a montré qu’afin d’apaiser les tensions engendrées par l’agression puis la mort d’Yvan Collona, il était préférable d’entamer des discussions au sujet de la reconnaissance politique de la Corse. Comme nous l’avons fait samedi dernier dans les rues de Bayonne, nous apportons notre soutien au peuple Corse en lutte pour la paix et la liberté.

Le gouvernement français doit cesser immédiatement de jouer avec la vie des prisonnier.es politiques. À l’heure où au Pays Basque la majorité de la société civile et des élu.es est engagée en faveur de la libération de Ion Parot, Jakes Esnal et Unai Parot, la résolution démocratique des conséquences ainsi que des causes du conflit doit être à l’ordre du jour.

Enfin, nous lançons un appel à tous les abertzale de gauche : nous avons un projet populaire, progressiste, qui se décline sur tout le territoire de façon transversale. Aussi bien lors des mobilisations que des élections, nous ne cessons de prouver que nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à porter une alternative crédible pour notre pays. Pour obtenir notre souveraineté, nous avons la vocation de construire une majorité, L’Aberri Eguna du 17 avril sera un pas en avant en ce sens.

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