Les examens en basque maintenant ! Azterketak Euskaraz orain!

La revendication de passer les examens en euskara ne date pas d’hier. Elle a pourtant pris plus de sens au cours de la dernière année. Pendant de nombreuses années, le travail effectué par les enseignant.es, les élèves et les parents de Seaska a permis d’obtenir le droit à passer certaines matières en basque. Même si les examens ne pouvaient pas être passés dans leur globalité en langue basque, il s’agissait d’une avancée, d’un premier pas dans la bonne direction. Nous avions bon espoir que ce droit pourrait à l’avenir être étendu. La majorité des habitantes et habitants du Pays Basque Nord sont favorables à la langue basque et à son apprentissage, un retour en arrière nous semblait donc inconcevable. Mais malheureusement, Le droit de passer les examens en basque a encore été violé et tous les élèves de Seaska sont tenu.es de passer les examens en français.

 

Et ce n’est pas le seul coup porté à la langue basque. En effet ces dernières années ont été marquées par des obstacles au système immersif. On pense à la loi Molac, votée à l’Assemblée nationale française. Pourtant poussé par J.M Blanquer alors ministre de l’éducation, le Conseil constitutionnel a été saisi et a censuré la loi. Une nouvelle qui a suscité beaucoup d’émotion ici au Pays Basque, mais aussi en Bretagne, en Occitanie, en Corse… Les mobilisations en réaction à cette censure ont permis d’obtenir une circulaire du ministère de l’Éducation nationale qui approuve l’enseignement en immersion des langues territoriales, tout en garantissant une « connaissance égale » du français et de la langue minoritaire.

 

Il faut souligner l’importance de cette mobilisation et son succès. Nous applaudissons également le travail de mobilisation qu’a entamé le collectif Azterketak euskaraz. Ainsi des manifestations à l’occupation, les mobilisations pour protéger les droits des élèves ont porté leurs fruits.
Mercredi dernier, élèves, enseignant.es et parents sont allés occuper le centre d’inspection de Bayonne. Une mobilisation réussie. Nous déplorons toutefois, l’attitude du gouvernement : la violence utilisée par la police contre celles et ceux qui taient sur place est inacceptable.

 

Face à l’immobilisme de l’Etat français, les institutions locales ont pris leurs responsabilités et franchi le pas de la protection de la revendication. La Communauté d’Agglomération Pays Basque récupérera les examens des élèves de seaska qui seront écrits en basque et mettra en place un dispositif pour garantir leur correction.

 

Cette séquence souligne la nécessité et l’importance des institutions locales. Ce sont les institutions les plus proches des citoyen.nes qui répondront le mieux à leurs aspirations et à leurs besoins. Dans ce sens, et sur la voix d’une collectivité territoriale à statut particulier, nous soulignons la nécessité de donner plus de compétence à la Communauté Pays Basque existante.

 

La mobilisation a apporté des résultats positifs et nous resterons mobilisés jusqu’à ce que nos droits soient respectés. Il est impensable qu’en 2022 la langue basque et son enseignement continuent d’être attaqués. L’euskara doit être légalement protégé pour assurer le droit de vivre en langue basque.

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