« Qu’est-ce que l’on attend pour réagir, qu’il y ait un mort ? »

Ces mots, nous les écrivions il y a près d’un an au sujet de la situation des migrant.es. Malheureusement, nous y sommes… Un jeune Erythréen a été retrouvé sans vie à Irun.

Depuis de longs mois, la crise sanitaire aggrave une situation déjà intenable. La fermeture des frontières décrétée par le Préfet, sous couvert de lutte anti-terroriste, a entrainé une répression et une pression tant inacceptable que dangereuse.

Les associations de soutien aux personnes migrantes produisent un travail immense mais leur activité n’est pas non plus facilitée dans la période actuelle. Mais au-delà de l’activité bénévole considérable, les institutions ont aussi leur part à fournir.

Il y a à peine un mois une jeune guinéen avait été sauvé de la noyade dans la Bidassoa. Le jeune Erythréen qui a mis fin à ses jours lundi voit le chemin de sa vie semé d’obstacles s’arrêter brutalement et de manière tragique. La responsabilité est collective, la réponse doit l’être tout autant.

Un meilleur accueil des migrant.es passe par un engagement des collectivités locales directement auprès des personnes migrantes ainsi qu’au côté des collectifs et associations qui œuvrent au jour le jour. Mais cela passe également par un changement radical de la position hexagonale dans la politique de gestion des frontières. Depuis plus de 5 ans maintenant, la France renouvelle systématiquement la réintroduction des contrôles à ses frontières intérieures, remettant fortement en cause l’espace Schengen de libre échange. Ce qui doit être une mesure temporaire est devenue la norme amorçant une logique qui pousse à déployer toujours plus de moyens pour empêcher des personnes qui ont tout quitter et n’ont plus rien à perdre à passer la frontière. Outre les sommes faramineuses dépensées pour cette politique, le bilan humain continue de s’alourdir. Nous devons en terminer avec la répression persistante qui persécute sans cesse les migrant.es.

Enfin, cette thématique est à traiter au niveau Européen qui a récemment adopté le nouveau pacte « Asile et Immigration » qui accentue la politique d’expulsion, mobilisant des millions d’euros pour ériger des barrières juridiques et physiques. Là où il convient de privilégier la dignité humaine ce sont les droits fondamentaux qui sont bafoués. Là où la protection et la solidarité doivent dicter nos actions, il n’y a pas de place pour l’exclusion.

Notre quotidien privilégié et notre société individualiste ne doit pas nous laisser oublier que chaque jours des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes laissent tout derrière eux et, au risque de leur vie, parcourent des milliers et des milliers de kilomètres. Nous ne devons pas oublier que le lundi 19 avril 2021, chez nous en Euskal Herri, un jeune Erythréen est arrivé au bout de ce qu’il pouvait supporter au point de privilégier la mort.

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