Pas de frontière au Pays Basque!

Aujourd’hui, 14 février, nous sommes réuni.es ici au col de Lizarrieta parce que nous estimons inacceptable la décision prise mi-janvier de fermer 8 passages frontaliers qui relient le Pays Basque nord et sud.

Nous dénonçons cette capacité dont usent et abusent les Etats français et espagnol d’entraver voire paralyser sans aucun complexe la vie interne du Pays Basque, accentuant la privation des droits dont nous devrions pourtant disposer en tant que Nation.

Cette dernière décision a été prise par le Ministère de l’Intérieur français en accord avec les représentant.es du Gouvernement espagnol présents en Navarre et dans la Communauté autonome basque. La semaine dernière, à l’occasion de la présentation d’une motion d’EH Bildu demandant une réunion extraordinaire et urgente de l’Eurorégion afin de traiter des problèmes et des désagréments causés par la fermeture, UPN et PSN, par son vote contre pour le premier et son abstention pour le deuxième, ont, de fait, empêché la réflexion de se tenir et au débat de se dérouler.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que nous vivons une situation similaire au Pays Basque. Il y a quelques mois les passages frontaliers avaient déjà été fermés sous couvert de lutte contre le COVID19 et à l’occasion du G7.

Il est inacceptable de conditionner autant la vie des habitant.es de ce pays comme si cela n’engendrait aucun problème. A ce titre, il est intéressant d’observer quels sont les passages qui ont été laissés ouverts, ceux des zones commerciales, mais en fermant les autres, ils obligent ainsi les personnes y travaillant à rallonger considérablement leur temps de trajet pour se rendre sur leur lieu de travail ou pour rentrer chez eux. Les priorités des décideurs français et espagnols sont claires…

Cette fois-ci, l’argument utilisé pour fermer une nouvelle fois ces routes est celui de la lutte contre le terrorisme. Ils nous imposent à nouveau des mesures disproportionnées, une présence policière et militaire accrue et une ambiance sécuritaire pesante. Ils mettent à nouveau le Pays Basque en état de siège. En tout, ce sont 4800 policiers, gendarmes et militaires qui sont mobilisés dans le cadre de cette opération. Combien d’argent jetés par les fenêtres pour loger et déployer toutes ces forces sécuritaires sur notre territoire alors que des médecins et des infirmier.es auraient été beaucoup plus utiles en cette période de pandémie.

Alors que le Pays Basque va de l’avant, ces mesures nous rappellent un autre temps, elles nous ramènent dans un passé que nous ne souhaitons pas revivre. Nous nous rappelons que trop bien ces mesures pour soit-disant lutter contre le terrorisme qui ont durement touché les militant.es politiques basques. Dans ce contexte sécuritaire, un autre exemple d’actualité est la loi contre le séparatisme débattue en ce moment même au parlement français. Notre mouvement politique, comme de nombreuses associations, partis politiques, collectifs, syndicats et citoyens, continue de fermement dénoncer cette manipulation politique que constitue ce projet de loi et qui aura des conséquences directes ou indirectes pour beaucoup d’entre nous dans notre quotidien.

Ainsi, toutes les mesures prises au nom de la lutte contre le terrorisme ont toujours eu une application plus globale que celles annoncées à l’origine, elles se retrouvent intégrées avec le temps dans la norme et ont comme conséquence la limitation progressive et drastique de nos droits et libertés.

EH Bai et EH Bildu pensons que les Etats français et espagnol profitent de la situation pour renforcer leur caractère uniformisateur et centralisateur. Ils nous imposent un arrêt brutal de nos relations naturelles, familiales, affectives, culturelles, sociales, économiques,…

Il est donc plus que jamais nécessaire de vivre, de décider et de renforcer nos moyens et nos outils en tant que peuple et en tant que Nation. Face à ce vide démocratique, il est primordial de déconstruire les frontières artificielles et d’établir le territoire naturel qu’est le Pays Basque, pour qu’ensemble, toutes les citoyennes et tous les citoyen.nes d’Euskal Herri puissions décider de nos vies.

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