Le 4 octobre prochain, le peuple Kanak est appelé à participer au 2ème Référendum d’autodétermination. Le premier Référendum a eu lieu en novembre 2018. Lors de ce référendum, le vote en faveur de l’indépendance avait atteint 43,61% alors que les unionistes avaient obtenu 54,6% des voix. Il faut rappeler que la France a colonisé la Kanaky en 1853 et qu’en 1999 ils ont obtenu le statut de Collectivité Territoriale à statut particulier. Le référendum du 4 octobre prochain pourrait permettre à la Kanaky de retrouver la souveraineté perdue depuis 1853 et de créer un nouvel État. Le travail infatigable, la patience stratégique et la dure négociation ont amené les Kanak à se projeter dans un processus d’autodétermination durable.

En 2018, bien que le oui n’ait pas été majoritaire, le résultat avait été positif selon de nombreux observateurs. Si l’on tient compte du déséquilibre démographique qui existait en Kanaky, les partisans du oui savaient qu’il serait très difficile de gagner.

La composition des listes électorales et les modalités d’inscription sur ces dernières sont au cœur des négociations entre indépendantistes, non-indépendantistes et l’État français depuis l’accord de Nouméa de 1998. Ce même accord prévoit la possibilité de tenir un nouveau référendum d’ici 2022 en cas de victoire du non dimanche prochain.

Le défi est très important, car la violence de la colonisation et la politique de repeuplement menée par l’État français ont progressivement rendu les Kanaks minoritaires dans leur propre pays et donc sur les listes électorales. Lors du référendum précédent, il a été dénoncé que la possibilité automatique de participer au référendum n’ait pas été donnée à tous les autochtones.

La date du prochain référendum a fait également l’objet d’importants débats. Les anti-indépendance voulaient avancer le référendum de quelques mois sur fond de bataille à propos des listes électorales.

Les anti-indépendance estiment comme un “privilège” l’inscription automatique des autochtones. Cependant, l’avantage est très faible, étant donné la discrimination dont souffrent les Kanaks en Kanaky. Ils sont volontairement rendus minoritaires chez eux. Il faut rappeler que, lors du référendum de 2018, 2865 ont été exclus des listes électorales du fait que l’administration n’avait pas produit les documents nécessaires.

Mais les obstacles ont été plus nombreux encore. Les étudiant.e.s Kanak qui résident en France et se sont inscrits sur les listes ont eu aussi de grandes difficultés lors de la réalisation des procurations. De fausses procurations sont arrivées dans les bureaux de vote, certaines procurations valables sont arrivées trop tard ou même n’ont jamais été transmises…

Malgré les obstacles, le référendum organisé en Kanaky nous montre que lorsque la volonté politique existe, le cadre légal permet d’autoriser l’exercice du droit à l’autodétermination. Et nous souhaitons féliciter et applaudir nos amis de Kanaky pour tout le travail qu’ils ont produit et qu’ils continuent de mener dans le cadre de ce référendum.

Nous espérons que le peuple de Kanak participera massivement au référendum et choisira la meilleure voie pour leur avenir, celle de l’indépendance !