EHBILDU et EHBAI dénoncent l’attitude des états français et espagnol qui ont utilisé la pandémie pour renforcer leur caractère uniformisateur

Hier, dimanche 21 juin, les états français et espagnol ont rouvert leurs frontières, suivant les préconisations européennes et favorisant la saison touristique.

Depuis le début de la crise sanitaire, chaque état a eu à définir et mettre en œuvre sa politique pour faire face à cette pandémie globale. Chacun des deux états dans lesquels est réparti le territoire du Pays Basque a mis en place sa stratégie. Cela a provoqué des retards et une perte flagrante d’efficacité pour notre territoire.

En conséquence, il apparaissait très clairement que « ce virus qui n’a pas de frontière et ne tient pas compte des réalités territoriales » n’impliquerait pas les mêmes conséquences selon les protocoles officiels, que l’on habite à Hendaye ou Irun, Bera ou Sare, Urepel ou Arnéguy.

Cette histoire de fermeture de frontières peut paraitre secondaire face à la gravité de la crise sanitaire. Mais les deux gouvernements des deux états en ont profité, sans complexe, pour montrer la démesure de leur pouvoir pour conditionner la vie interne de notre pays. Tout cela en accentuant encore les fissures et fractures de notre nation. Ce n’est pas la première fois. Il y a maintenant quelques mois, les frontières avaient été fermées à l’occasion du G7 en faisant subir les conséquences aux habitant-e-s.

Les deux états ont utilisé cette crise sanitaire pour renforcer leur position uniformisateur. Il nous ont imposé une décision qui a entravé clairement les liens naturels entre habitant-e-s du Pays Basque, les liens familiaux, afectifs, culturels, sociaux, économiques etc. Nous souhaitons par ailleurs dénoncer que ces décisions n’ont rien amené pour les basques ni sur le plan de la santé ni sur le reste. Dans l’utilisation des moyens et la gestion de l’information les trois entités administratives ont été ignorées. En Iparralde nous n’avons même pas pu obtenir des informations concernant la pandémie sur ce territoire.
A présent, ils ont rouvert les frontières qu’ils nous imposent. Pas en pensant aux habitant-e-s du Pays Basque mais pour sauver la saison touristique. Car ils nous considèrent comme touristes dans notre propre pays.

Devant l’autocratie et le centralisme, nous ressentons plus que jamais le besoin de vivre en tant que nation et pays et pour cela de renforcer les outils et les moyens de décider. Face à ce déni de démocratie, nous devons défaire ces frontières artificielles et construire le territoire naturel du Pays Basque, entre tou-te-s les habitant-e-s afin de pouvoir décider de nos vies.