Il y a quelques semaines, le gouvernement français avait annoncé un début du déconfinement à partir du 11 mai. Dans ce cadre-là, l’annonce de l’ouverture des écoles dès le 12 mai avait été faite.
Dans ces déclarations, le gouvernement a sciemment omis de mentionner l’avis du Conseil Scientifique qui préconisait une rentrée en septembre. Toujours dans cette communication gouvernementale, il est question de supprimer les mesures de chômage partiel à partir du 1er juin. En ce sens, le libre choix des parents dans la scolarisation de leur enfant est complètement biaisé puisque les parents qui privilégieront de rester à la maison garder leurs enfants risquent de se retrouver sans revenus.

Nous ne devons pas oublier le véritable enjeu de l’ouverture des écoles du point de vue du gouvernement. Cette décision répond aux demandes des patrons des grandes entreprises. Comment expliquer qu’en début de confinement il fallait fermer prioritairement les écoles car les enfants sont de potentiels vecteurs du virus et qu’à présent l’urgence soit à leur réouverture contre l’avis des scientifiques. Nous l’avons déjà dit et réitérons ici notre position, l’ouverture des écoles n’est ni plus ni moins que le moyen qu’a l’état français pour renvoyer les salarié-e-s travailler au service des grands groupes et des actionnaires.

Le gouvernement français laisse la responsabilité de l’ouverture des écoles entre les mains des maires. façon de se dédouaner et de faire assumer les éventuelles conséquences de cette décision aux maires en ce qui concerne l’ouverture des écoles,  aux parents en ce qui concerne la décision d’envoyer ou pas les enfants à l’école.
Clairement, le gouvernement français répond favorablement aux demandes du patronat sans s’assurer pleinement que les conditions qui assureront la santé des plus jeunes soient bien remplies.

La position du gouvernement ne nous parait pas acceptable. La responsabilité du déconfinement appartient au gouvernement. Nous pensons que les établissements scolaires devaient rester fermés jusqu’en septembre. Notre seule urgence est d’assurer la santé de nos enfants, enseignants, personnel salarié et agents municipaux et non pas d’ouvrir coute que coute et dans la précipitation les écoles. Les écoles doivent rester des lieux d’apprentissage et d’éducation et non pas des zones à risque ou des garderies. Ces dernières semaines, les représentant-e-s des enseignants ont répété maintes fois leur opposition à cette décision.
L’expérience récente de la tenue des élections municipales ne doit pas se reproduire. Que l’on n’ait pas à subir les conséquences dangereuses d’une décision irresponsable.

Même si nous sommes opposé-e-s à l’ouverture des écoles, nous sommes conscients que la décision est prise et que les établissements commenceront à ouvrir à partir de la semaine prochaine. Nous saluons l’implication des élu-e-s locaux, des personnels municipaux et de la communauté enseignante pour faire en sorte que cette décision imposée par Paris se passe dans les conditions sanitaires les plus sûres possibles (accès aux masques, gel hydroalcoolique…).