La crise sanitaire du Covid 19 a de nouveau mis en exergue l’état désastreux des prisons françaises avec un taux de remplissage des maisons d’arrêts qui étaient de 138% en janvier 2020 et une population vulnérable importante.

Lors d’une tribune parue dans le Monde le 20 mars dernier, La Contrôleur générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), le Défenseur des droits et de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) lançaient un appel à l’État, à élargir les ordonnances, afin de répondre, à la réalité des détenus et conditions de détentions.

En effet, en ne considérant pas les conséquences désastreuses sur les personnes des détentions de moyenne et de longue durée, et en excluant les personnes condamnées dans le cadre des législations antiterroristes, le ministère de la Justice a exclu une grande majorité des personnes qui auraient dû pouvoir bénéficier de ces mesures.
C’est ainsi que mercredi 25 mars la garde des Sceaux Nicole Belloubet, a fermé toute perspective de sortie, pour les prisonniers politiques basques les plus vulnérables.

Le 1er avril les juges ont refusé la mise en liberté de Josu Urrutikoetxea, 69 ans. Il souffre de pathologies incompatibles avec ce virus et est incarcéré à la prison de la Santé (qui avait un taux de 114% de remplissage au 1er janvier 2020), avec des cas avérés du Covid 19. La justice française a t’elle décidé de jouer avec la vie des prisonniers ?

Jusqu’à quand ce gouvernement continuera à mépriser l’aspiration du Pays Basque à une paix durable ? Le 17 mai dernier, le Président de la République se montrait admiratif du processus impulsé au Pays Basque et souhaitait l’accompagner. L’accompagnera-t ’il avec des retours de cercueils ?

Nous exigeons la libération immédiate de Josu Urrutikoetxea, Gurutz Maiza Artola, Ibon Fernandez Iradi, Xistor Haranburu, Jakes Esnal et Jon Parot. Nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques basques ainsi que le retour des exilés.
Nous exigeons que le dialogue avec la délégation reprenne et qu’une issue intégrale et définitive soit trouvée pour les prisonniers poltiques basques.
Solidarité
En ces temps de confinement il est plus nécessaire que jamais que nous soyons solidaires des prisonniers politiques. C’est pourquoi nous soutenons les deux initiatives prises récemment qui consistent d’une part à écrire des courriers de soutien aux prisonniers politiques basques et d’autre part, la dynamique impulsée par les prisonniers politiques basques de Lannemezan, pour interpeller le gouvernement par l’envoi d’un courrier au président français et la ministre de la justice en exigeant la liberté de Jakes Esnal, Xistor Haranburu et Ion Kepa Parot.