Cela fait quelques semaines déjà que le Pays Basque et le monde entier traversent une crise sanitaire majeure. Nous faisons face à une réalité quotidienne inédite : interdiction de sortie, fermetures des établissement scolaires, de certaines entreprises, travail obligatoire depuis son domicile… La situation actuelle a complètement chamboulé nos habitudes.

Si cette crise sanitaire est une catastrophe pour bien des aspects, les signes de solidarité se sont multipliés comme par exemple toutes les initiatives prises aux balcons et aux fenêtres ces derniers jours. Nos balcons et nos fenêtres sont devenus, par la force des choses, des lieux d’expression et de mobilisation : pour applaudir les personnels soignants, pour dénoncer les forces d’occupation, pour revendiquer un autre modèle de société, pour apporter soutien aux prisonniers politiques… Le Coronavirus n’a pas éteint la flamme revendicative et militante.

Et comment ne pas aborder l’implication sans faille des personnel soignants. Par ces quelques lignes, nous renouvelons nos applaudissements chaleureux face à leur engagement de chaque jour. Nous adressons également notre soutien total à tous les salarié.e.s qui poursuivent leur travail : agriculteurs, éboueurs, transporteurs, boulanger, salarié.e.s de supermarchés et autres… La plupart de ces dernières sont des femmes et subissent des conditions de travail précaires pour un salaire ridicule. Au-delà des applaudissements et des remerciements, il conviendra de se souvenir à la fin de cette crise que ce ne sont pas les premiers de cordées, si chers au président Macron, qui sont au front aujourd’hui pour assurer le quotidien des habitant.e.s.

Nous souhaitons également aborder ici la situation préoccupante des prisonniers politiques. Ces derniers sont des otages politiques des états français et espagnols. En prolongeant leur détention, les états maintiennent un schéma de revanche afin de conditionner ou mettre à mal le processus de paix engagé. Les conditions actuelles de confinement rendent leur détention encore plus insoutenable et leur maintien sous les verrous en est d’autant plus inacceptable.
Plus que jamais, leur retour au Pays Basque, la libération immédiate de tous les prisonniers malades et en fin de peine sont des mesures d’urgence absolue. A la veille de cette Aberri Eguna, nous réitérons notre soutien plein et entier aux prisonniers politiques basques ainsi qu’à leurs proches.

C’est dans ce contexte que nous allons célébrer Aberri Eguna dimanche prochain. L’Aberri Eguna est une journée festive. Mais cette année, les contraintes liées au confinement ne nous permettront pas de nous retrouver dans la rue pour revendiquer et fêter cette journée. Nous avons tout de même un message à faire passer. Face au visage toujours plus dur du néolibéralisme et à l’immobilisme des états français et espagnol, nous devons nous engager réellement dans la voie de la souveraineté. Toujours avec l’objectif, comme nous l’avons souvent exprimé, de construire une société plus juste où chaque travailleur et plus généralement chaque citoyen a des conditions de vie dignes.
Face à la globalisation et au néolibéralisme, nous avons un outil à disposition : la souveraineté. C’est comme cela que nous parviendrons à vivre en tant que peuple et à obtenir les moyens de construire une société plus juste.

Même si nous sommes en temps de crise, nous devons montrer la force du Pays Basque ce dimanche. Dans ce sens, nous nous joignons à l’appel « EUSKAL HERRIA BATERA » et appelons les habitant.e.s du Pays Basque à y participer.

EUSKAL HERRIA BATERA nous invite à montrer notre adhésion via une photo qui, envoyée sur le site internet commun, permettra de composer une mosaïque numérique.
Nous invitons tous les habitants du Pays Basque à célébrer, à leur manière, Aberri Eguna ce dimanche.