Depuis quelques semaines le Pays Basque et le monde entier connaissent une crise sanitaire sans précédent récent.

Les gouvernements successifs qui ont mené des politiques d’austérité mettant particulièrement à mal le système public de santé ont une responsabilité dans la crise sanitaire actuelle. Fermeture de lits, conditions de travail déplorables, heures supplémentaires, manque de matériel… Le service public de santé a essuyé bon nombre d’attaques incessantes et se retrouve pourtant aujourd’hui en première ligne sur le front sanitaire.

Tout en rendant hommage au personnel soignant pour son implication sans faille, nous pensons également à tou-te-s les travailleurs du milieu médical et social, aux chauffeurs-livreurs, aux agents de caisse des supermarchés, aux éboueurs…

Par ailleurs, nous considérons que les activités non essentielles doivent cesser le temps d’endiguer l’épidémie, de manière à ne pas faire courir de risques aux travailleurs.

Le plus important est de respecter les mesures en vigueur, de rester à domicile, de se protéger tout en protégeant les autres.

Le confinement n’a pas le même impact selon les populations. La situation d’exception que nous traversons accentue les inégalités sociales. Les personnes vivant dans des logements insalubres, les familles qui n’ont pas les moyens de bien se nourrir tous les jours, les migrants, les personnes vivant dans la rue, vivent le confinement de manière plus dure. Comment ne pas penser également aux femmes et enfants battus. La violence conjugale dans le cadre de vie confiné peut vite prendre une ampleur bien plus dramatique qu’à l’accoutumée.

Face à cela, des réseaux de solidarité s’organisent. Que ce soit autour de structures organisées (CCAS, associations…) ou de manière spontanée dans les barres d’immeubles, les quartiers, les réseaux sociaux. Soyons particulièrement attentifs aux personnes âgées isolées ou encore aux familles en difficultés.

De son côté, le gouvernement français a fait passer une loi pour déclarer l’état d’urgence sanitaire. Des mesures sont nécessaires pour activer la gestion de crise. Pour autant, il est inacceptable d’en profiter pour mettre un coup supplémentaire aux droits sociaux, au code du travail. Nouvel assouplissement des 35 heures, imposition de congés payés par l’employeur durant le confinement et interdiction de poser des congés cet été à la reprise, allongement de la durée minimale de travail hebdomadaire… Autant de mesures qui feront payer aux travailleur-e-s les mesures sanitaires prises aujourd’hui. Il faudra être très vigilant à ce que ces mesures d’exception ne s’installent pas dans la durée, sous prétexte de résorber les conséquences économiques de cette crise. Si nous pouvons entendre qu’un effort sera nécessaire il est hors de questions que ce soit de nouveau les mêmes qui trinquent.

On peut considérer qu’il y aura un avant et un après Coronavirus. A la sortie de cette crise, il s’agira de ne pas revenir à la « normalité » productiviste et consumériste. Le modèle économique ultra libéral et globalisé en vigueur démontre à quel point il est vulnérable aux effets qu’il a pourtant lui même engendrés (crise climatique, économique, sanitaire). Les premiers signaux envoyés par le Gouvernement indiquent une volonté de relancer l’économie de manière intensive, sans changer le logiciel. La planète respire mieux depuis quelques jours, mais ce court répit ne suffira pas, il faut un changement en profondeur.

Les semaines et les mois qui suivront cet épisode de crise intense seront des moments de mobilisation et de lutte pour imposer d’autres orientations répondant aux urgences sociales et écologistes. Il faudra réfléchir à comment bifurquer puis dépasser les logiques du système capitaliste. La crise actuelle montre que bon nombre d’alternatives que nous connaissons ici sont le ciment d’une société plus juste, plus autonome, plus respectueuse de l’environnement et moins sujette aux caprices du grand capital. La consommation en circuits-courts, la relocalisation de l’économie, la défense du service public de santé, d’éducation, des services sociaux sont autant de piliers nécessaires pour traverser la crise engendrée par le Coronavirus, mais également pour construire un monde plus soutenable, plus souhaitable et finalement plus durable.