EH Bai refuse la réforme des retraites du gouvernement Philippe et soutient le mouvement social pour le retrait du projet

EH Bai soutient sans réserve le mouvement social contre la réforme des retraites et appelle à participer dans l’unité la plus large aux manifestations et actions diverses impulsées par les organisations syndicales ou les assemblées dont s’est doté le mouvement.

La bataille politique et sociale autour des retraites est centrale. Parce que la question des revenus au-delà des 60 ans concerne tout le monde sans exception et suppose des choix fondamentaux sur la façon de vivre en société : priorité à la solidarité ou tendance au chacun-e pour soi.

Le système en vigueur dans l’État français est le fruit d’un compromis social-démocrate basé sur un pacte de solidarité entre les générations. Les cotisations des travailleurs et des employeurs servent à payer les pensions des retraité-e-s. En échange, les actifs d’aujourd’hui ont la garantie que leurs pensions de demain seront payées par les futurs actifs.

Ce système est le produit de décennies de combats, de négociations, de compromis, mais aussi parfois de défaites des travailleurs. En effet depuis le début des années 90 et l’entrée dans la phase néo-libérale du capitalisme, plusieurs réformes ont été mises en œuvre par les différents gouvernements avec les mêmes objectifs : casser la solidarité pour imposer l’individualisme, rogner sur les cotisations pour accroître le profit du capital investi, grignoter les acquis sociaux pour dégager de nouveaux espaces de marchandisation pour les assurances et fonds de pensions. Depuis 25 ans, le rapport entre pensions et salaires n’a cessé de baisser et la durée de cotisation pour une retraite à taux plein est de plus en plus irréalisable, en particulier pour les femmes.

Macron veut aujourd’hui changer la nature du système pour parachever l’œuvre de ses prédécesseurs. Il le fait au nom de la lutte contre des soi-disant « privilèges » qui ne sont pour la plupart que la prise en compte de situations de pénibilités. Et sous couvert « d’universalité », c’est la baisse généralisée des pensions qu’annonce le système par points, l’allongement à 64 ans du départ à la retraite sans décote, la non-prise en compte des différences de salaires entres femmes et hommes. De plus, comme pour l’assurance chômage, Macron veut que le système soit désormais géré par le gouvernement et les cabinets financiers, et non dans le cadre d’une négociation avec le patronat et les syndicats.

Le système français, qui grâce au luttes passées a mieux résisté que celui d’autres pays aux assauts du modèle néo-libéral, est certes compliqué, loin d’être satisfaisant et en partie injuste. Il est nécessaire de l’améliorer en remettant en cause la politique de réduction des cotisations sociales. Alors que les entreprises du CAC 40 ont versé un montant record de 57,4 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2018, l’assiette des cotisations sociales doit être élargie aux revenus financiers. Plus globalement, au lieu d’approfondir les mêmes recettes libérales injustes et inefficaces, c’est la création d’emplois dans la reconversion écologique de l’économie et dans des services publics de qualité qu’il faut défendre et impulser ainsi que l’augmentation des salaires et des mesures contraignantes en faveur de l’égalité salariale femmes/hommes, qui procureraient automatiquement de nouvelles recettes de cotisations pour les caisses de retraite.

EH Bai fait sien l’objectif d’une société de solidarité intergénérationnelle, où personne ne serait obligé de travailler jusqu’à n’en plus pouvoir, une société qui en finisse avec le chômage et la précarité.