A l’occasion du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, l’ONU s’est dotée d’un cadre d’action de lutte contre le réchauffement climatique : la CCNUCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques). Cette convention réunit presque tous les pays du monde qualifiés de «Parties» qui se rassemblent une fois par an depuis 1995 lors des « COP » (Conferences of the Parties).

La « COP21 », qui s’est tenue à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, a permis de conclure un accord engageant 195 États à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour l’ONU, les engagements nationaux pris lors de l’Accord de Paris ne limiteront pas la hausse des températures à 2°C d’ici 2100. La situation est « catastrophique », estime Erik Solheim, directeur de l’ONU ; la somme des engagements actuels des Etats nous entraîne sur une hausse supérieure à 3°C d’ici 2100 d’autant que l’Amérique de Trump (un des plus gros émetteurs de GES) a décidé de se retirer de l’accord qui exigeait aussi de revoir les engagements des états à la hausse avant 2020. Aujourd’hui seules les îles Fidji et Marshall ont revu leur engagement. Une coalition de 70 pays (dont 11 européens) s’est déclarée déterminée à le faire, la Belgique ou la Pologne (hôte de la COP24) ayant refusé.

L’enjeu central de la COP 24 qui s’est tenue fin 2018 à Katowice en Pologne, devait permettre de parvenir à un consensus des 196 pays sur un ensemble de règles nécessaires pour rendre l’Accord de Paris opérationnel.

25 ans après tout le monde s’accorde pour qualifier le bilan de « mitigé ». Des pays comme l’Arabie Saoudite, le Koweit, la Russie, ou les Etats-Unis refusant même de reconnaître les conclusions du rapport de la COP. Heureusement on assiste à une mobilisation sans précédent de la société civile face aux « lenteurs » des négociations.

La COP25 se déroulera du 2 au 13 décembre 2019 à Madrid (elle devait initialement se dérouler au Chili, à Santiago après le désengagement du Brésil). Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié le 8 Août 2019 à Genève confirme : « la gestion des terres, la production agricole et l’alimentation doivent changer en profondeur si l’on veut réduire le réchauffement climatique. A défaut, la sécurité alimentaire, la santé et la biodiversité seront menacées. »

Notre collectivité rédige actuellement un plan climat ambitieux dont l’arrêté initialement prévu en cette fin d’année a été reporté à Février 2020 et pour lequel il faut saluer le travail de la société civile, à travers le Conseil de Développement.

Si ce document s’avère être une réponse locale à l’urgence climatique, il ne doit pas rester un catalogue de bonnes intentions à l’image des 25 COP. Nos élus ont la lourde responsabilité de la mise en place effective des orientations du plan à savoir :
• Devenir un territoire à énergie positive en 2050,
• Rendre possible des activités et des modes de vie bas carbone pour tous
• Innover et changer de modèle économique
• Etre un territoire résilient qui veille à la santé de tous et au patrimoine naturel
• Partager connaissances et expériences de transition pour agir ensemble

Pour conclure, nous appelons à la mobilisation organisée ce dimanche 8 décembre par le mouvement Bizi à l’occasion de la journée mondiale pour le climat.