La Chambre d’Application des peines de Paris a décidé d’accepter le Mandat d’Arrêt Européen (MAE) formulé par l’Espagne à l’encontre du militant David Pla. Jokin Etxebarria d’EHBAI et Julen Arzuaga d’EHBILDU étaient sur place pour soutenir David. Nos deux mouvements politiques considèrent que la décision d’aujourd’hui ne relève pas d’une logique juridique. En effet, nous pensons que le processus d’extradition est inacceptable puisque la Police française elle-même avait confirmé que David Pla ne participait pas à la réunion pour laquelle il est inquiété aujourd’hui. De plus, dans la mesure où les faits reprochés ont eu lieu sur le territoire français l’Espagne n’a pas à prendre le main sur cette affaire.

Derrière cette décision, EHBAI et EHBILDU pensons qu’il faut y voir l’attitude de l’état espagnol. Nous considérons que l’Espagne continue d’agir dans un schéma vainqueur/vaincu, basé sur la vengeance et que c’est cette raison qui motive le MAE signé par le ministre Grande Marlaska.

Plutôt qu’une paix durable en Pays Basque, les deux états préfèrent entretenir un climat de confrontation. Avec cette attitude, l’Espagne et la France s’éloignent largement de la volonté collective et partagée par tous les secteurs de la société d’Euskal Herri à savoir la volonté de construire une paix durable et un pays apaisé où le vivre-ensemble prévaut.

Le fait que David Pla soit visé par ce MAE n’est pas un hasard. L’Espagne a prononcé ce MAE pour attaquer frontalement David et ce qu’il représente. Il convient de rappeler le rôle important de David dans le processus de désarmement et de dissolution de l’organisation ETA. Le conflit politique doit trouver une issue politique.

Malheureusement ces dernières semaines les attaques basées sur la vengeance se sont multipliées, y compris de la part de certains secteurs de l’état français. Les décisions politico-juridiques prises récemment par le procureur et la cour d’appel concernant Jakes, Xistor, Lorentxa et Ibon Fernandez Iradi en sont l’exemple même et ne sont pas acceptables.

Président Macron, ne faisons pas begayer l’Histoire, il est temps de passer de la parole aux actes !