Le mois d’octobre qui s’annonce est rempli d’expectative pour tous ceux qui se mobilisent pour le respect des droits des prisonniers politiques basques et le processus de paix en Euskal Herri. Nous sommes plus que jamais dans l’espoir qu’une page va enfin se tourner.

En effet, plusieurs décisions importantes sont attendues, des décisions qui, nous l’espérons, iront dans le sens de l’histoire. Dans le sens de l’immense espoir de la société basque dans son futur.
Le 8 octobre la décision concernant la libération conditionnelle de Xistor Haranburu est attendue. Après 30 ans d’incarcération, la position du parquet est totalement inadmissible, au-delà de l’effroi qu’elle provoque, elle est scandaleuse et fait l’impasse sur tout le processus de paix. Et toutes ces échéances du mois d’octobre sont sous le même sceau : le 9 octobre la décision concernant le mandat européen d’Iratxe Sorzabal, procédure basée sur des déclarations obtenues sous la torture  ; le 15 octobre la décision concernant la libération de Lorentxa Beyrie, là encore la position du parquet fait fi du respect de ses droits et du processus de paix  ; le 16 octobre les décisions concernant deux mandat d’arrêts de Josu Urrutikoetxea, artisan de la paix dont le rôle a été décisif dans la fin de l’organisation ETA  ; le 23 octobre la décision concernant la demande de libération conditionnelle du prisonnier politique basque Zigor Garro  ; et enfin le 30 octobre, la décision concernant la libération de Ibon Fernandez Iradi gravement malade, dont la libération est une urgence absolue.

Le gouvernement français, la chancellerie et ses juges ne doivent pas rater ce rendez-vous avec l’histoire. Les paroles du président Emmanuel Macron concernant le processus de paix lors de sa visite au Pays Basque, le 17 mai dernier, résonnent encore : « Je considère, a-t-il affirmé, que c’est un exemple, quand je regarde ces dernières années, de résolution d’un conflit et de sortie des armes. Je pense que le devoir de l’Etat est d’accompagner le mouvement. Nous ne devons pas faire bégayer l’histoire, il faut l’accompagner. » Aujourd’hui il faut passer de la parole aux actes.

La question des prisonniers politiques basques est cruciale. Certes, un processus de rapprochement des prisonniers politiques basques dans des centres de détention plus proches du Pays Basque (Mont de Marsan et Lannemezan) a été enclenché. Ceci constitue une avancée inestimable. Mais on ne peut pas en rester là, le processus doit être plus profond et aborder le cœur de cette résolution du conflit, la libération des prisonniers politiques basques.

Il y a quelques jours, nous avons appris le décès d’Eli Asurmendi, compagne du prisonnier basque Kepa Legina. Après avoir passé plus de 20 ans à parcourir les prisons de l’état français, puis les prisons de l’état espagnol, des milliers et des milliers de kilomètres parcourus, Eli est décédée la semaine dernière. Elle a succombé à un cancer a un an et demi de la libération de son compagnon. Eli, qui pendant des années au sein d’Etxerat, association des familles, s’est occupée d’organiser les visites des familles des prisonniers basques dans les prisons françaises, ne pourra retrouver Kepa. Que de souffrances ! Aujourd’hui, nous devons avancer vers la libération de tous les prisonniers basques, car c’est le sens de l’histoire.

Pour finir, nous appelons à participer aux mobilisations qui serons organisées.

Garbiñe Eraso, responsable du groupe de la résolution du conflit d’EHBAI et Anita Lopepe Porte parole d’EHBAI