À PROPOS DE L’EXTRADITION DE MAIXOL IPARRAGIRRE

Ce jour, Maixol Iparragirre, prisonnière politique basque a été remise à l’Espagne alors qu’elle a accompli sa peine. Il faut rappeler qu’elle fut arrêtée le 3 octobre 2004 et la France l’avait alors condamnée à 20 ans de prison. Aujourd’hui et après une très longue période d’incarcération, Maixol a été remise à l’Espagne, tout comme de nombreux autres militant-e-s politiques, sur la base d’aveux obtenus sous la torture avérée afin d’être jugée à Madrid. La France a remis Maixol à un pays qui pratique la torture, qui refuse la confusion des peines contrairement aux textes internationaux et qui continue d’éloigner les prisonnier-e-s au plus loin de leur famille.

Maixol a joué un rôle majeur dans le processus de paix que connait le Pays Basque. En premier lieu en tant que porte-parole du Collectif des Prisonniers Politiques Basques (EPPK) elle a formulé l’apport à la nouvelle situation politique. Mais aussi en tant que représentante du collectif des prisonnier-e-s puisqu’elle a permis un certain nombre de contacts avec des représentant-e-s politiques d’Iparralde et du monde entier. Dernièrement, elle a permis la contribution et la participation du Collectif des Prisonniers dans l’espace de dialogue ouvert avec le ministère français. Enfin, elle avait rendue publique la décision de l’auto-dissolution d’ETA.

Mais la journée d’aujourd’hui présente le revers de la médaille. Ces prochains jours auront lieu plusieurs procès : Xistor Haranburu demain, l’appel de la demande de libération conditionnelle de Lorentxa Beyrie (le 12 septembre) et la demande de suspension de peine d’Ibon Fernandez Iradi le 25 septembre ainsi que la demande de mise en liberté de Josu Urrutikoetxea (le 11 septembre). EHBAI souhaite exprimer son inquiétude profonde vis à vis de la position que pourrait prendre le procureur lors de ces rendez-vous. Les dernières fois et à chaque fois, il a montré des positions contraires à celles attendues par l’ensemble de la société d’Euskal Herri.

Aujourd’hui nous souhaitons redire de manière ferme et déterminée qu’il est temps de ramener à la maison tous les prisonnier-e-s et réfugié-e-s politiques basques. Maixol Iparragirre, tout comme Xistor, Lorentxa, Josu et Ibon doivent être libérée immédiatement.

Nous souhaitons rappeler les propos tenus par Emmanuel Macron lors de sa venue le 17 mai dernier : «Le rôle de l’Etat est d’accompagner le mouvement (…), nous ne devons pas renier l’Histoire seulement l’accompagner». Nous demandons encore une fois que les mots prononcés soient suivis d’actes concrets, réels et rapides.

Cet article est également disponible en : Basque

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