Bilan du G7

Dès que nous avions eu connaissance du choix de la ville de Biarritz pour l’organisation du G7, nous avons à plusieurs reprises dénoncer l’existence même de ce sommet et tout ce qu’il représente. De la même manière, il nous a toujours semblé inopportun de choisir Biarritz et le Pays Basque à cette période de l’année avec toutes les contraintes que cela engendrait. Au final, ce sommet ne constitue rien d’autre qu’une vaste opération de communication.

Nous avons assisté pendant trois jours à une véritable mise en scène de relations diplomatiques internationales qui sonne faux. Ce sommet avait pour objectif majeur d’aborder la question des inégalités (territoriales, femme/homme, sociales…) et de mettre la question du réchauffement climatiques au cœur des discussions internationales.

Nous n’y accordions que peu de crédit mais la lecture de la déclaration finale de ce sommet nous confirme sur nos positions de départ. Sur l’intégralité de cette déclaration aucune mention des inégalités et encore moins sur l’urgence climatique. Autant de moyens financiers mobilisés, autant d’efforts médiatiques pour au final une déclaration vide. Le G7 est passé mais rien ne change. Les deux objectifs fixés au départ ont été volontairement balayés. Les citoyens sont en droit de se demander à quoi ont bien pu servir les millions dépensés pour cette pantalonnade !

A l’heure du bilan de ce sommet, comment ne pas revenir sur la démesure du dispositif policier et sécuritaire déployé en Pays Basque pendant plus d’une semaine ? Notre pays s’est retrouvé en état de siège permanent, jour et nuit. Cela a diffusé un message largement anxiogène auprès de la population, des commerçants et des riverains des communes concernées. Les libertés publiques individuelles n’ont pas toujours eu la place qu’elles doivent avoir : liberté de manifestation, liberté de circulation et même liberté d’opinion ont fait les frais de ce sommet inutile. La répression a été très forte ces derniers jours : 160 interpellations, 5 incarcérations, des interdictions de territoire et une vingtaine de procès programmés d’ici la fin de l’année. EHBAI dénonce fermement toutes ces formes de répression.

La légitimité de ce sommet est largement mise en cause par les conditions dans lesquelles il s’est déroulé. Lorsque l’on doit fermer une ville, bunkériser un territoire entier, vider des quartiers entiers pour que 7 dirigeants politiques puissent se réunir, on prend conscience du fossé immense entre les élites et les gens qu’ils sont censés représenter.

L’état français, organisateur du sommet, devra rendre des comptes précis et transparents sur les coûts réels de cette organisation. Les citoyens sont en droit de savoir à quoi a servi cet argent public. N’était-il pas plus utile de mobiliser les dizaines de millions d’euros directement dans la lutte contre les inégalités et le réchauffement climatique ?

Face à cette mascarade, EHBAI a travaillé pendant de longs mois aux côtés de près de 80 autres organisations, associations, syndicats et mouvements afin d’organiser un contre-sommet qui permette de mettre en avant les alternatives crédibles et nécessaires. Pendant de longs mois, le travail en commun mené entre organisations du Pays Basque et de France nous amène à tirer un bilan positif. Grace à cela, nous avons vécu un contre-sommet réussi. Cet événement organisé ensemble ouvre des perspectives de travail en commun pour l’avenir.

Plus de 5000 personnes ont participé aux différents ateliers et conférence pendant trois jours sur les communes d’Hendaye et Irun. Le jour de l’ouverture du sommet plus de 15000 personnes ont défilé . Cela a permis de mettre en lumière les alternatives qui existent sur notre territoire. Des milliers de personnes ont pu prendre connaissance des initiatives sur lesquelles le Pays Basque avance. De la même manière, les nombreux militants qui sont venus participer à ce contre-sommet ont pu apporter des témoignages des alternatives présentes sur leur territoire. Cet échange d’expérience, ce croisement d’idées et cette interconnaissance entre militants sont un apport considérable pour le futur.

Les 7 états les plus riches du monde ne traitent pas de notre quotidien. Les alternatives existent sur les territoires et les solutions viendront de l’initiative citoyenne comme cela a pu être mis en lumière durant toutes les conférences et ateliers.

Le G7 est passé, nous continuerons de travailler ici localement pour trouver des solutions face à l’urgence climatique. Nous devons poursuivre notre engagement en faveur d’une société plus juste où chacun trouve sa place et qui respecte les droits de tous. Le G7 est terminé mais notre agenda politique reste clair et nous poursuivrons notre implication dans différentes luttes : les élections municipales et communautaires du mois de mars prochain, préparation des prochains rendez-vous sociaux en particulier la réforme des retraites, mobilisations en faveur du climat, défense de l’euskara et de son enseignement…

Cet article est également disponible en : Basque

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