Pour une fiscalité écologique basée sur la justice sociale

L’augmentation du prix du pétrole et l’instauration de taxes sur le carburant fait monter une colère perceptible et compréhensible qui s’exprime sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines et sera visible dans la rue ce week-end.

Les classes moyennes et les ménages les moins favorisés sont ceux qui trinquent une fois de plus du manque d’ambition et d’anticipation de nos responsables politiques. Cela fait des années que l’on sait que le pétrole facilement exploitable viendra à manquer et qu’inexorablement le prix des énergies fossiles va augmenter de manière importante. L’augmentation du prix du carburant à la pompe ces derniers mois est dû à 80% à l’augmentation du prix du baril de pétrole et à 20% à l’augmentation des taxes.

Mais alors ne pouvait-on pas voir venir ?

Bien sûr ! La situation actuelle était prévisible et prévue. Mais dans nos sociétés où l’on est ultra dépendant à la voiture et au pétrole, seule une volonté politique ambitieuse et bien expliquée à la population permettra d’avoir des résultats. Les transports collectifs doivent être privilégiés et développés, tout le contraire que ce que fait le gouvernement avec sa réforme ferroviaire de l’année dernière ou les orientations prises pour la future loi des mobilités (LOM) à venir.
Le véritable problème qui alimente la colère, c’est le sentiment d’injustice palpable dans la société et à juste titre. On sait aujourd’hui que la majeure partie de ces taxes sur les hydrocarbures n’est pas fléchée vers la transition écologique. Les mêmes dirigeants qui font des cadeaux fiscaux aux plus aisés demandent des efforts considérables à celles et ceux qui subissent déjà les politiques d’austérité menées par les différents gouvernements depuis plusieurs années. En renforçant le CICE qui profite très majoritairement aux grandes entreprises (et donc les plus polluantes), en renonçant à l’instauration d’une pollutaxe, en refusant de trouver véritablement des solutions pour combattre la fraude et l’exil fiscal, en exonérant de taxe carbone le kérozène des avions et le fioul des grands cargos… et la liste pourrait encore s’allonger… on renonce tout simplement à des milliards d’euros qui peuvent financer par exemple :

• Les alternatives à la voiture que ce soit par le développement du train ou des mobilités douces comme le vélo
• L’accompagnement des ménages modestes qui ne peuvent pas se passer pour l’instant de la voiture
• Le renforcement des services fiscaux qui manquent de moyens pour assurer la lutte contre la fraude fiscale
• Un aménagement du territoire qui permette de limiter les déplacements tout en limitant l’exode rural

Les raisons d’être en colère sont multiples mais ne nous trompons pas de combat. Nous n’avons pas le droit de perdre la bataille du climat. S’il n’est pas trop tard pour agir, l’urgence est là mais les solutions existent. Il faut mettre en place une fiscalité juste, sociale, solidaire et écologique qui finance véritablement la transition.

Cet article est également disponible en : Basque

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *