EHZ fête ses 20 ans cette année. Quel a été l’apport d’un tel festival auprès des jeunes et en général aux habitant-e-s du Pays Basque ?
Nous fêtons cette année les 20 ans du festival et depuis sa création le festival a lancé un certain nombre d’expérimentations. Avant tout, il faut souligner qu’organiser un évènement sur trois jours en se basant seulement sur l’aide bénévole est déjà une réussite en soi. Quand le festival a été créé la situation d’Iparralde était différente et il a certainement participé à la conscientisation des jeunes. Par exemple sur l’apprentissage et l’utilisation de l’euskara, la connaissance du Pays Basque, dans la valorisation de la culture basque etc… Par ailleurs, on peut considérer également d’EHZ a été et continue d’être un lieu de formation pour des générations de jeunes ; formation politique, sociale, culturelle et économique et qui permet de construire des raisonnements et des pratiques face au système capitaliste. Durant toutes ces années, les idéologies de sont croisées et même développées en proposant des alternatives concrètes : écologie (toilettes sèches), féminisme (puntu ubela), vision intégrale du Pays Basque (Piratak à Donostia et autres travaux en commun), anticapitalisme, soutien aux prisonniers politiques, entraide ; bref nous pouvons considérer que nous apprenons l’auto-gestion, non ?
Quel place est accordée à la culture dans le monde politique ? Et plus précisement, à un festival comme le votre ?
Le festival pendant trois semaines met en place une micro société (en comptant le montage et le démontage). Le modèle pour les prises de décisions est également particulier : assembléaire, favorisant l’horizontalité et le collectif etc… Par ailleurs, le message d’EHZ étant pluriel nous souhaitons faire passer des messages politiques. C’est pourquoi l’événement lui-même devient un lieu de revendication. L’offre de la culture basque est déjà un choix politique fort. Pourquoi ? Parce que le choix de la culture implique déjà les pratiques de chacun. EHZ organise des conférences, ateliers, spectacles, concerts, soirées de soutien ou encore des zikiro avec l’objectif de construire le modèle de société que nous souhaitons. Nous véhiculons bon nombre de messages politiques en changeant les pratiques et en soutenant les mouvements avec les lesquels nous sommes d’accord.
Que propose EHZ cette année et pourquoi avoir priorisé ces choix ?
Cette année, comme les précédentes, on peut dire qu’EHZ propose une offre large et plurielle. Dans le courant de l’année nous organisons et soutenons un certain nombre d’initiatives. Par exemple, Hegalaldia, EHZinemaldia ou encore les manifestations en faveur des prisonniers. Pendant le festival, en construisant une micro-société, EHZ organise des conférences sur la santé et le capitalisme. La preuve par exemple avec le débat autour de la ZAD de Notre Dame des Landes. Par le biais d’ateliers, nous traiterons également du féminisme, de la répression et des occupations. La programmation fait aussi la part belle aux spectacles, théâtre, cirque et danses ; en proposant un modèle de fête adapté à la société que nous souhaitons construire (en euskara ou à propos de culture euskaldun ou encore engagé et participatif). Il ne faut pas oublier non plus les concerts. Avec l’objectif de mobiliser tout Euskal Herri, nous ferons venir un certain nombre de groupes : de l’international comme Crystal Fighters, Kadavar, Nneka, Mammùt (Islande) etc. D’autres groupes viendront du Pays Basque, Willis Drummond, Nina Coyotte et Chico Tornado edo Holako Deluxe par exemple. Les enfants sont aussi pris en compte sur ces trois jours. Evidemment
le dimanche sera particulièrement destiné aux jeunes et moins jeunes avec le zikiro et une offre large. La journée du dimanche verra la mise en place d’une nouvelle politique tarifaire avec l’entrée à 10€. Avec ces choix, nous souhaitons répondre aux besoins et attentes des habitants du Pays Basque, dans une ambiance populaire et en proposant une nouvelle manière de faire la fête !
Burujabe gaitezen ! Sorgin zelaian, gurea asma …