kaz_alain_iriart_bobedme105Quel bilan faites-vous de votre mandat, en tant que conseiller général indépendant ?

Ce sont d’abord sept ans de travail, sur lesquels je me suis impliqué à deux niveaux. Sur le canton Nive-Adour, pour soutenir les demandes de nos concitoyens, aider les communes et les intercommunalités à défendre leur dossiers (en particulier autour du contrat de territoire). Un gros travail de terrain, qui a permis de faire venir le collège Aturri à Saint-Pierre-d’Irube et de mener des programmes sur les routes et sur les stations d’épuration.

L’autre axe de travail concerne la LGV et l’EPCI Pays Basque. Je me suis exprimé à chaque session contre la LGV, ce projet inutile, ruineux, ce que confirment aujourd’hui tous les rapports. Et souvent seul, malgré ce que l’on peut entendre dans les promesses des différents candidats. Je me suis aussi exprimé sur la volonté du Pays Basque d’être connu et reconnu par une institution, que ce soit le département Pays Basque, l’autonomie ou aujourd’hui l’EPCI. Je pense avoir fait évoluer ces questions, il y a eu parfois des brèches : faire appel à d’autres élus pour qu’ils s’emparent du débat. Tout cela prend du temps. Pour que cela chemine, il faut être présent, travailler et exprimer ses opinions. C’est de la confrontation que naissent de nouveaux projets et l’amélioration des situations.

Pourquoi être parti en lice avec une équipe mixte et des candidats sans étiquettes ?

Ehbai a décidé d’être présent sur tous les cantons. Nous-mêmes partons en effet avec des collègues qui n’appartiennent à aucun groupe politique : c’était la meilleure façon pour nous de prendre et de rendre compte de la globalité du territoire. Nous devons créer la solidarité sur notre territoire pour créer un Pays Basque ; ne pas siéger avec les autres groupes politiques. Les élus doivent pouvoir conserver leur libre arbitre sur les dossiers, être indépendants. Tout notre travail reprend bien les valeurs d’Ehbai.

Quel regard portez-vous sur le découpage des nouveaux cantons ?

Comme d’autres élus, je me suis opposé à ce nouveau découpage. Avec certain d’entre eux et des collègues d’EH Bai nous avions proposé un découpage qui prenait en compte la réalité du terrain, c’est-à-dire les intercommunalités. Mais ce fut une décision extrêmement politique de la part du PS. J’avais dit que nous connaissions jusqu’à présent les ciseaux bleus, et qu’aujourd’hui c’était les ciseaux roses. Je ne crois pas à ce type de découpage politique, l’électeur se moque bien de ces de frontières électorales.

Pour notre part nous sommes dix communes qui dépendent de trois intercommunalités. On voit bien que c’est un découpage hors-sol. Notre chantier, notre défi pour ce nouveau territoire est d’être entre ville et campagne. Nous devons tisser la solidarité entre les habitants les communes et les intercommunalités. C’est en tous les cas comme ça que nous nous présentons devant les électeurs.

Ce nouveau découpage a-t-il eu un impact sur votre programme ?

C’est une nouvelle réalité, avec une ruralité plus importante avec des communes comme Bardos, Same, Briscous, Guiche… Il y a plus d’agriculture sur le plan économique, un potentiel sur le bord de l’Adour qui fédère, un tronçon qui va de Same à Mouguerre. Et un autre bassin qui est plus sur la Nive, avec Villefranque et Saint-Pierre. Une réalité différente, basque et gasconne. Cette variété, nous en faisons une richesse.

Ce nouveau canton, même si il nous a été imposé, peut donner lieu à un ensemble aux portes de l’agglomération, où les gens veulent y vivre différemment qu’en ville. On le sent beaucoup dans nos communes.

Quelles sont les propositions que vous souhaitez apporter à vos électeurs ?

Quelle organisation pour ce territoire ? Tout d’abord, l’accompagnement autour des politiques de re-qualification des centres bourgs. Toutes nos communes se démènent pour faire venir des commerces de qualité et de proximité, pour ne pas subir la pression d’une agglomération, qui est à nos portes. Il nous faut des commerces, des services, que les habitants puissent également trouver là de l’emploi.

Sur notre zone nous devons favoriser le logement des publics les plus en difficulté, ce qui est valable pour les jeunes mais aussi pour les personnes âgées. De plus en plus d’entre elles se retrouvent en situation difficile et nous sollicitent.

Nous devons aussi apporter une attention particulière aux projets professionnels des jeunes. Certes, il existe des initiatives, mais je pense que le Conseil général ou l’EPCI devraient développer une politique dans ce sens. Favoriser le coup de pouce financier pour ceux qui ont un projet professionnel qui puisse paraître difficile à rentabiliser dans l’immédiat. Avec peu d’argent et un peu d’attention il y a beaucoup de projets, et de petits projets, qui sont créateurs d’emplois et qui permettraient à nos jeunes de trouver leur place.

Nous avons la chance d’avoir deux fleuves dont l’Adour qui rassemble la majorité des communes. Nous avons des projets liés à cet l’environnement, sa protection et sa valorisation : un projet de vélo-route, initié par le département et qui peut permettre d’ouvrir cet espace au public, voire de développer une petite activité touristique, de gîtes par exemple.

Ensuite, un point qui relève complètement des compétences du Conseil général : le soutien à nos associations culturelles et sportives. Ces associations qui se démènent avec très peu de moyens constituent l’animation essentielle de notre territoire. Nous sommes de petites communes au sein desquelles se retrouvent de multiples associations qui créent ce lien social et ont besoin de financements. Ce tissu là est un tissu de proximité, le département doit répondre à cette attente. Il ne faudra pas priver ces associations, il ne faut pas qu’elles soient la variable d’ajustement.

En terme d’économie, s’il doit y avoir des variables d’ajustement il faudra qu’elles soient dans le fonctionnement interne de ces institutions et dans la communication. Et il y a des choses à faire. Il ne faudra pas taper dans le budget des jeunes, des associations ou de la langue ou culture basque et occitane, qui sont des attentes et la une réalité de terrain. Et si une institution comme le département n’est pas là sur le sujet, cette dynamique va se déliter au profit des villes.

A l’instar des autres candidats EH Bai, souhaitez vous, vous aussi, porter l’EPCI au niveau du département ?

Dans les mois à venir, la loi NOTRe va clarifier un certain nombre de choses, comme le nombre d’habitants minimum qu’il faudra par intercommunalité, ce qui va forcément redessiner l’organisation territoriale que ce soit en Pays Basque ou en Béarn. Elle va également décider de la redistribution des compétences entre le Conseil général et la Région.

En matière de compétences, je pense que celles qu’avait le Conseil général, les routes, la gestion des collèges, le social, doivent rester des compétences de proximité. Ce serait une erreur manifeste de traiter les routes de St Pierre d’Irube, de Banca ou de Tardets dans une grande région. Mais d’après les dernières informations que j’ai sur les débats parlementaires, le département devrait conserver beaucoup de ses prérogatives.

Quelles compétences pour l’EPCI ? Les compétences telles qu’elles existent, auxquelles ont devra ajouter : le développement économique et l’emploi ; la centralisation des transports en commun (aujourd’hui les acteurs sont éclatés, ce qui est en totale en contradiction avec le terme « communs ») ; la question des langues et des cultures ; et, en transversale, les relations transfrontalières. Ces compétences devraient s’ajouter aux compétences de proximité routes, collèges, voiries. C’est bien pour cela que le débat doit avoir lieu au sein même du Conseil général, et qu’il doit se faire de façon parallèle en Béarn.