MediaBask – Canton luzien : EH Bai, une alternative à gauche

Le très prisé canton luzien s’est transformé en un champ de bataille, marqué par les divisions dans les partis et la dispersion des voix. Un contexte qui pourrait jouer en la faveur des abertzale de gauche.

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Les divisions à droite comme à gauche entrainant la multiplication des listes pourraient jouer en la faveur des abertzale de gauche d’EH Bai sortis grandis des dernières élections municipales de 2014. En particulier dans le canton luzien qui compte huit binômes dont deux UMP et deux PS.

Les abertzale taclent d’ailleurs les partis français à ce sujet et s’interrogent sur leurs motivations : « le fait qu’il y ait autant de listes est plus lié aux ambitions personnelles qu’à des divergences politiques et donne une image désastreuse de la vie politique ».

Les abertzale font vite le calcul : « avec une telle dispersion des voies, il y a de fortes chances que nous soyons la première liste de gauche ». C’est en tous cas leur ambition, sans perdre de vue que le canton est marqué à droite. « Nous sommes l’alternative de toute la gauche face à l’UMP », se positionne Peio Etcheverry-Ainchart.

Pour aller plus loin, si une liste UMP « pulvérise » l’autre, sans oublier qu’une liste frontiste se présente dans le canton, le binôme EH Bai pourrait se retrouver sur la deuxième marche du podium à l’issue premier tour, un scénario qui n’est pas exclu par les abertzale du territoire. Les choix du second tour ne sont pas encore à l’ordre du jour.

L’équipe cherche à se différencier des autres : « cette candidature reflète notre manière de voir la politique, il s’agit de gens actifs, avec une moyenne d’âge sans égal dans le canton, sans tomber dans le jeunisme, de plusieurs catégories socioprofessionnelles et des quatre communes du canton ».

Le binôme est composé de Peio Etcheverry-Ainchart (41 ans), élu d’oppostion du groupe Herri Berri au conseil municipal luzien et éditeur. L’élue d’opposition cibourienne (Ziburu Bizi) Leire Larrasa (29 ans) l’accompagne, elle est directrice animatrice en CLSH (Centre de Loisirs Sans Hébergement). Ils sont suppléés par la Getariar Jaki Elcano (62 ans) retraitée de l’enseignement en ikastola et le Bidartar Mairu Zarrabe-Irigoyen ouvrier de 27 ans.

Proches de la population

Les candidats souhaitent être proches de la population et taclent une nouvelle fois leurs opposants notamment Philippe Juzan (UMP), conseiller général sortant : « il n’a pas été capable de faire une seule permanence en six ans ». L’équipe s’engage à organiser des réunions mensuelles tournantes dans chaque commune des cantons pour « donner la possibilité aux gens de s’exprimer ». L’absentéisme de l’élu sortant illustre le bilan que dressent les abertzale de gauche de son mandat.

Parmi les nombreux axes de travail P. Etcheverry-Ainchart en met trois en avant, qui font écho à leur slogan : « Vivre, travailler et décider au Pays Basque ». L’accent est mis sur le logement, sujet phare de ce canton qui comptabilise plus de 50% de « sous-logements » [logements vacants et secondaires] : « nous demandons qu’il y ait 40% de logements sociaux contre 30% à ce jour et 10% d’accession sociale à la propriété ». Des projets concrets au niveau des emplois afin de « relocaliser l’économie et développer les circuits courts ». L’autre axe « Décider » concerne la mise en place d’une institution propre au Pays Basque pour sa reconnaissance et parce que « c’est la seule possibilité de maintenir les services publics ».

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